C’est ce qu’on peut appeler rentrer dans le dur. Le très dur même. Même si la gauche et la droite ont obtenu des victoires depuis le début de l’examen du budget à l’Assemblée nationale au prix d’alliances politiques contre-nature, le compromis global sur le texte est loin d’être acquis. Ça va être très long ou très court (en fonction du vote ou non d’une motion de censure dans les jours à venir) cet examen de plus de 3700 amendements déposés par les uns et les autres. Et tout particulièrement de façon curieuse par les députés de droite et du centre.
On verra aujourd’hui avec les exigences du Parti socialiste toujours plus grandes, même si des concessions leur ont été offertes. À grands frais sur l’état de nos finances déjà bien malades. D’une maladie incurable: celle d’accepter des économies drastiques. Toujours plus de dépenses et moins de recettes. Le volet est coincé. De façon durable…Avec une volonté, à gauche, notamment, de ne pas renoncer à la taxe Zucman. Le nom d’un obscure professeur d’économie sorti de nulle part devenu le héros de la gauche depuis quelques semaines ! Zorro, zorro est arrivé. Avec son grand chapeau de magicien des chiffres. Sans se presser mais en étant aussi le « chouchou » de la plupart des médias qui ne cessent de l’inviter dans leurs colonnes ou plateaux de radio et télévision…A l’image d’une autre étoile filante, Lucie Castet, vite disparue du paysage politique qui elle a revendiqué occuper la place de choix de cheffe de gouvernement, l’année dernière. Les deux « zozos » et non Zorro de la gauche radicale.
Un petit mot aujourd’hui de l’échéance municipale. En l’occurrence parisienne. Avec la surprise de voir le parti Renaissance de Gabriel Attal se ranger derrière le candidat d’Horizons, Pierre-Yves Bournazel, de préférence à Rachida Dati . Ce qui était pourtant acté. Ce devrait être officiel demain mardi. Un choix peut-être lourd de conséquences pour la maire du VII e arrondissement de Paris et ministre de la Culture. Encore que si l’on se fie aux enquêtes d’opinion, le prétendant « philippiste « ne bénéficie pas, loin s’en faut, des mêmes pouvoirs de séduction auprès des électeurs et électrices de la capitale. Et ses sondages ne prêtent guère en sa faveur. La mécanique en faveur de Rachida Dati s’est en effet enrayée et grippée au cœur de l’été…Jusqu’à ce qu’elle se sacrifie, une nouvelle fois, au profit cette fois-ci de Michel Barnier facile vainqueur dans une législative partielle à Paris le mois dernier. Et ce bien sûr pour préserver toutes ses chances au scrutin municipal. Sa priorité. On peut s’attendre une fois encore à un « coup de sang » de la candidate (lâchée donc par Gabriel Attal) pas franchement disposée à se faire marcher sur ses escarpins ! Il va sans dire que ce rapprochement de circonstance entre les deux anciens Premiers ministres aura des conséquences hors des frontières de Paris où l’on peut s’attendre, au sein du socle commun, à un axe Renaissance-Horizons en vue des municipales dans plusieurs grandes villes. Le parti dirigé par Gabriel Attal attendant la même réciprocité en faveur de ses candidats à Bordeaux, Nîmes et Dijon, entre autres, où il existe des rivalités entre le camp Philippe et celui d’Attal pour le gain de mairies. Ce lâchage et cet accord imprévu il y a encore quelques semaines, ne manqueront pas néanmoins de provoquer de nouvelles secousses au sein des élus Renaissance de la capitale dont le député Sylvain Maillard et le ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad, enrôlés déjà sous la bannière Dati, qui ne respecteront pas cette nouvelle donne…il faudra bien pourtant que les ennemis d’aujourd’hui accordent leurs violons au second tour s’ils veulent faire gagner la droite et le centre dans la ville capitale…