Quel talent oratoire dans l’hémicycle , même si ce n’était pas celui hélas sur les bancs de ceux de l’Assemblée nationale où la diarrhée verbale et les confrontations musclées et indigestes ont droit de cité ! Il méritait bien la standing-ovation que lui ont réservé encore une fois ses collègues de la droite et du centre. C’est dommage qu’il n’y ait pas davantage de Claude Malhuret, sénateur de l’Allier appartenant au groupe Horizons, un habitué des bons mots ! Encore un bijou n’ayant aucun lien avec le vol du Louvre que le nouveau fabuliste a livré au moyen d’un petit joyau sur sa critique de la taxe Zucman. De circonstance alors que l’on parle beaucoup de la vache et du lait pour reprendre l’expression du Premier ministre…et dont je me suis fait l’écho hier. Sa fable animale avait pour titre « La vache de Zuc » et objectif d’étriller avec talent la « folie fiscale de la gauche » dans l’exercice du débat budgétaire qui aujourd’hui se trouvera rehaussé (défense de rire) par l’examen de cette fameuse et gouleyante taxe ! N’est-ce pas aujourd’hui la fête d’Halloween spécialisée dans le macabre et l’épouvante…Et surtout le mauvais goût. Ce n’est bien sûr qu’un avis personnel. Et vous parlez d’une belle orange avec beaucoup de pépins à venir ! De quoi broyer du noir, l’autre couleur du jour.
À comparer toujours hier avec la comédie du pouvoir dans l’enceinte du Palais Bourbon, où l’on a assisté à un autre « grand moment » jugé « historique » par le Rassemblement national. Les troupes de Marine Le Pen ayant à une voix près (185 contre 184) réussi à faire passer dans leur niche parlementaire du jour une délibération (non contraignante et donc symbolique) sur la dénonciation des accords avec l’Algérie datant de 1968. Des accords qui, il est vrai, vu les relations entre les deux pays méritent un sérieux rafraîchissement ! Le pouvoir autocrate d’Alger se moquant de nous depuis trop d’années alors que les avantages offerts aux ressortissants algériens venant en France sont totalement inégaux à rapport aux autres en règle pour les travailleurs originaires d’autres pays du Maghreb et d’ailleurs. Il va de soi que cette «renégociation » et non « abrogation » va contraindre Emmanuel Macron à bouger…et ce grâce, en partie, si j’ose dire, à l’absence au moment du vote, d’une partie (environ une quarantaine de députés macronistes) aux abonnés absents. Alors que le président du groupe « Renaissance » Gabriel Attal, pourtant favorable à cette révision, avait préféré pratiquer la politique de la chaise vide avec nombre de ses amis. Contrairement d’ailleurs à ceux de leurs collègues de « Horizons » qui, conformément à la position du maire du Havre, Édouard Philippe, sur cette question, ont assuré, avec les députés du groupe LR, la « victoire historique » du RN accueillie tout de même avec une grande démesure par les vainqueurs du jour d’une petite voix. Celle d’ailleurs du…président de séance qui n’était autre que Sébastien Chenu, le vice-président du groupe RN, alors que la coutume républicaine veut que le président alors au perchoir ne participe pas au vote ! Mais que dire des très grosses larmes des parlementaires de gauche révoltés par ce « vote raciste ». Que de grandiloquence aussi au sein de leurs rangs ! Manifestée en premier lieu par la présidente du groupe écologiste, Cyrielle Chatelain, au bord des larmes et de l’asphyxie, à l’issue du vote ! Grotesque. Le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat, n’a pas fait non plus dans la nuance, en parlant lui un peu plus tard, du retour des partisans de l’Algérie française ! Une réaction excessive toute aussi ridicule…