Mieux vaut tout de même attendre les résultats des municipales !

Cinq cents jours nous séparent de la prochaine présidentielle ! Et combien d’enquêtes d’opinions d’ici là ? Une foultitude. Qui vont faire la fortune des sondeurs et l’infortune de la démocratie bien mise à mal par cette orgie de photographies instantanées, comme on dit dans le jargon ! Combien de gagnants assurés et l’histoire de la V e République, en est pleine, ont mordu la poussière avec un verdict des urnes tellement différent de leurs ambitions. Et des sondages. Aussi est-il bon de les prendre avec beaucoup de pincettes surtout si longtemps avant l’échéance, si celle-ci est bien respectée. On ne peut pas à contrario les rejeter tout en bloc même si entre temps les résultats des municipales rebattent les cartes. Et si la droite et le centre en mars 2026 réalisaient le grand chelem en reprenant les villes de Paris, Lyon et Marseille ? Ça semble bien engagé dans la capitale rhodanienne où l’ex-président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, fait actuellement largement la course en tête (sa liste mi-civile et politique) avec plus de 45 % des intentions de votes avec un score proche du double du « khmer vert »Doucet. Ce sera plus difficile mais jouable à Paris où les candidats de droite, la favorite Rachida Dati et son challenger philippiste, Pierre-Yves Bournazel, vont se voler dans les plumes avec grand enthousiasme au plus grand plaisir du député socialiste de la capitale! Emmanuel Grégoire, l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, il est vrai, n’est plus dans les petits papiers de sa patronne, avec qui il est fâché. Et Marseille reste…Marseille avec les querelles à gauche où le maire sortant, Benoît Payan, n’est pas en position de force déjà face à son futur rival insoumis Sébastien Dulogu, à ne pas confondre avec l’élève du grand écran, Ducobu, au premier tour. Un clown sinistre à la tête de la mairie sur le Vieux-port ? Bonne mère, je préfère ne pas y penser ! De quoi mettre des tonnes de cierges, même si l’on n’est pas croyant, sur les hauteurs de la cité phocéenne.

Pour en revenir à la reine des élections, la présidentielle, l’écart se resserre entre les deux prétendants les plus sérieux à gauche, le très radical septuagénaire, Jean-Luc Mélenchon (trois points de plus lors de ce dernier sondage) et le social-démocrate Raphaël Glucksmann au « touche-touche » à 11-12 %. Deux gauches irréconciliables…mais pour l’instant éliminées du duel final! Encore que le maire du Havre, Édouard Philippe, dévisse sérieusement (une perte de 5 points) et n’a plus (à 15-18 %) qu’une cote engagée sur la pente dangereuse. Il paie notamment, mais pas seulement, sa faute vue par beaucoup d’observateurs et une partie des électeurs du bloc central, d’avoir « trahi » par ses déclarations celui qui l’a nommé à Matignon, en l’invitant à dégager avant l’échéance présidentielle. Est-ce que cette rupture bien affichée avec le pouvoir macroniste lui sera-t-elle, lors du sprint final, profitable ? Sa priorité immédiate c’est bien de se recentrer très sérieusement sur le scrutin municipal. Il ne peut pas se permettre en effet de laisser la mairie de la Porte Océane à son adversaire communiste, Jean-Paul Lecocq. Toujours embusqué…Une élection n’est jamais gagnée d’avance.

La dernière lecture, ce dimanche, du sondage choc et ce n’est pas une surprise, consacre une fois encore l’insolente progression de Jordan Bardella qui raflerait, selon les cinq hypothèses émises, entre 35 et 37,5 % des suffrages, soit un score supérieur à celui de Marine Le Pen scotchée (c’est déjà trop) à 34 %. Soit dix fois plus que le score accordé à Laurent Wauquiez alors que son président LR, Bruno Retailleau, peine à dépasser les 8 %. Un patinage qui n’a rien d’artistique lui non plus. Le Vendéen paie au prix cher son départ volontaire du gouvernement très mal compris et son coup d’éclat comme dynamiteur d’une nouvelle crise politique. C’est dur, dur, d’une façon globale pour tous les candidats estampillés à droite et au centre alors que la France n’a jamais été autant à droite et surtout à la droite extrême, encore que le RN de Marine le Pen penche toujours plus sur le plan économique à bâbord toute…Comme en témoigne son attitude lors des débats budgétaires et son passé et passif de plusieurs années en votant des milliards d’euros de taxes !

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