« On veut faire la guerre mais on n’est pas foutus de voter un budget pour La Défense » s’étrangle, non sans raison, un président du groupe du socle commun ! De moins en moins commun d’ailleurs. Alors que la commission paritaire entre sénateurs et députés a rejeté le budget de l’Etat, lors de cette réunion pathétique qui n’aura pas excédé une trentaine de minutes. Un fiasco attendu, mais tout de même. L’histoire se répète comme l’année dernière à pareille époque avec la perspective funeste que le gouvernement de Sébastien Lecornu soit contraint de ressortir le triste sparadrap de la loi spéciale qui ne résoudra rien. Sinon de permettre à partir des premières semaines de l’année prochaine de payer les retraites et les fonctionnaires mais en aucune façon d’engager le moindre euro pour le…reste ! Ou presque. A moins, pour éviter le pire, que l’homme de Matignon « sans pognon « ressorte le 49-3. Ce qu’il se refuse à faire. Jusqu’à quand ? Et que PS ne le censure pas dans foulée.
Ainsi se trouve-t-il dans l’obligation de reprendre la main après l’échec très expéditif sur le budget de l’Etat qu’il impute en grande partie aux sénateurs républicains en employant le terme sans ambiguïté de « parlementaires radicalisés ». Bonjour l’ambiance ! La chasse à courre aux coupables est ouverte. Les accusés répondent sur le même ton: « le gouvernement n’a rien fait pour que cette commission paritaire soit conclusive ». Ils pointent d’un doigt vengeur et volontairement le fautif en la personne du ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, jugé coupable de provocation. En leur direction. Ils sont très forts les uns et les autres pour faire porter le chapeau à l’autre ! Ce n’est pas moi, c’est lui. On se croirait dans une cour d’école.
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, il n’y a pas de doute possible, le coupable n’est autre que la droite sénatoriale « qui depuis le départ a écarté tout compromis ». Quel fin limier !
Les débats budgétaires reprendront dans toutes leurs splendeurs au début de l’année. Mais pourquoi les députés réussiraient-ils début 2026 ce qu’ils ne sont pas parvenus à faire aboutir en ce mois de décembre ? En attendant un conseil exceptionnel des ministres aura lieu lundi soir pour évoquer la perspective du déclenchement de la loi spéciale…Pourvu qu’ils ne fassent pas une mauvaise indigestion avant les festivités ( enfin ça dépend pour qui ! ) de cette fin d’année au goût encore très saumâtre…pour un exécutif très chahuté par la multiplication des crises ! Les cornes ne sont pas réservées aux vaches et les veaux pas seulement attachés aux contribuables ! Tous cocus. L’antiparlementarisme a de beaux jours devant lui. Et c’est tristement mérité…