« Seb » ménage le suspense. Sauf surprise il faudra attendre lundi ou mardi, dernier délai, pour savoir quels outils il sortira de son atelier de bricolage du troisième sous-sol de Matignon (c’est une image) pour prendre les meilleurs instruments pour donner un budget à la France. Un dilemme de toute façon douloureux pour le chef du gouvernement. Soit il se renie alors qu’il s’était engagé à ne pas utiliser la voie du 49-3, soit il utilise les ordonnances. Un produit autrement plus inflammable encore. De la nitroglycérine ! Avec le grand risque d’une motion de censure votée par les députés socialistes. Qui, n’en doutons pas, ne vont pas se gêner pour exiger encore plus. Et faire monter les dernières enchères. Pour parvenir à un compromis…les sacrifices n’ont pas de prix pour les autres.
C’est toujours plus comme en témoignent les avancées que le chef du gouvernement a offertes hier soir aux socialistes et aussi aux Républicains. Des gages reçus cinq sur cinq et même un peu plus car avec les cadeaux des étrennes de début janvier il va être difficile de ne pas dépasser le seuil de 5 % du déficit. Même s’il est relativement symbolique en terme monétaire, que dire de la généralisation de ces repas à un euro pour tous les étudiants. On n’a pas d’argent dans les caisses mais on est prêt à dépenser toujours plus. Et le Rassemblement national n’est pas le mieux placé pour parler de gabegies alors qu’il s’est montré très généreux pendant l’examen des deux budgets. Et je préfère ne pas parler de leurs collègues insoumis. Toujours en situation de portes très largement ouvertes et béantes sur les caisses vides de l’Etat ! C’est cadeau ! Taxer toujours plus…Avec une cible très privilégiée ces « salauds » de riches. Surtout les entrepreneurs et les français moyens, les vaches à lait…Mais qui n’ont plus de lait. C’est pis ! En attendant c’est la quasi assurance de 7 milliards de dépenses supplémentaires. Il faudra bien trouver l’équivalent en recettes !
En revanche ce n’est pas vraiment cadeau si notre pays prolonge jusqu’en mars et même au-delà l’indécision relative au vote du budget, C’est bien beau d’annoncer dans ces nouvelles étrennes la création de 2.000 emplois dans l’Education nationale. Mais s’il n’y a pas de budget, il n’y a pas non plus de concours auxquels se sont préparés environ 78.000 élèves-professeurs qui normalement devaient passer leur concours en février. Un exemple parmi tant d’autres. L’absence de tout budget, c’est également la certitude de voir un pays totalement bloqué dans ses possibilités de créer des postes dans tous les domaines et notamment régaliens en termes de défense, pénitentiaire, justice, santé, police et gendarmerie et tant d’autres. Les « pleureuses » peuvent sortir leurs mouchoirs. Quid aussi des aides en faveur du monde agricole justement demandeur. Bonjour l’ambiance au prochain Salon de l’agriculture déjà privé de ses stars, les bovins ! Elles sont pour qui les cornes ? Pas d’abondance en tout cas. Les manifestants seront même peut-être empêchés de lancer des œufs sur les politiques faute d’approvisionnements suffisants dans les magasins. Misère, misère ! Et comme ce n’est pas encore la saison des tomates !
PS: Le Rassemblement national pourtant grand défenseur du monde rural et des agriculteurs ne va pas se faire que des amis au sein des collectivités locales et territoriales. Qui par la voie d’un vote commis à la nuit plus que tombée a permis la surpression de 20 % de la Dotation globale de fonction ( DGF) dont bénéficient lesdites collectivités. Ce dont s’indigne notamment le maire des Andelys, Frédéric Duché, dont la commune va perdre 441.755 € ! Ce qui n’est pas une paille…La perte pour le Département de l’Eure s’élève elle à 14,4 millions ! Et dire que le RN compte quatre députés sur cinq dans ce département. Ce n’est pas toujours la faute à Macron !