Il est le premier à abattre les cartes de son jeu. Cela se passait hier à Evreux à sa permanence de campagne à proximité de l’hôtel de ville. Guy Lefrand y présentait une grande partie de sa liste. Et aussi selon ses propos « ses projets phares sans être pharaoniques ». À l’ombre portée du beffroi faisant face à la maison commune qu’il voudrait bien occuper pour la troisième fois comme premier magistrat, au soir du 22 mars. Un premier constat: « le changement c’est maintenant » le slogan cher en son temps à Francois Hollande pour un autre palais ! 28 « petits nouveaux et nouvelles » soit presque deux tiers de l’équipe renouvelée. Ça bouge. À chacun ses interprétations. Des départs voulus et une majorité d’autres en terme de notoriété, qui lui ont été en quelque sorte imposés. La lassitude pour certains et un divorce parfois avec beaucoup d’écume pour d’autres. Tous et toutes se reconnaîtront. Il n’est pas besoin de personnaliser. L’équipe sortante conserve encore quelques « grognards » restés fidèles de façon imperturbable à l’édile dont quelques uns très rares encore de l’ancienne équipe de JLD ! Qui pesait tout autrement il y a vingt-cinq ans. Cela ne nous rajeunit pas…
Force est de reconnaître que globalement on n’approche pas, a priori, sur le papier de la « dream team ». Amputée par nombre de partants et surtout partantes et pas seulement celles les plus en vue, titulaires d’un mandat départemental. Attendons tout de même la composition des listes concurrentes pour se faire une idée plus complète !
Autre certitude: il faudra au soir du premier tour voir probablement la liste du maire sortant être embarquée dans une confrontation délicate avec la liste du Rassemblement national. Ce serait en effet…bien le diable que cette ville n’accorde pas suffisamment de suffrages au RN associé à l’UDR alors que les deux députées de la ville chef-lieu représentent ce parti. Et ne passent pas pour être les plus grosses pointures de ce mouvement déjà au niveau départemental et encore moins nationalement ! Il est plus que probable d’envisager sur la ligne de départ le matin du 22 mars trois maillots différents, voire quatre avec celles de Samuel Brigantino et d’une liste de gauche rassemblée après une division regrettable entre « anciens de la même équipe gagnante du temps de Michel Champredon à nouveau en piste. C’est dire si rien n’est joué ! Suspense, suspense.
La situation est loin, à un degré moindre, d’être figée plus à l’ouest , toujours en Normandie au Havre, où le pire comme le meilleur et inversement, peuvent surgir. Ne pas empêcher Edouard Philippe de poursuivre son rêve de l’Élysée qui passe obligatoirement par une victoire dans son fief ou le retour aux affaires dans la cité portuaire des communistes jugée dans « ville basse » comme le pire des cauchemars. Et dont le retentissement serait très grand dans l’hexagone ! Avec pour arbitre non négligeable une liste RN-UDR très susceptible de jouer le rôle de trouble-fête. L’éventualité d’une possible triangulaire dangereuse pour « Doudou » ne peut être écartée. La Porte Océane a néanmoins échappé à l’hypothèse d’une candidature du rappeur Médine, « enfant des hauts quartiers » aussi connu que clivant et très engagé à la tête de la France insoumise, comme le pressentaient quelques titres de la presse nationale encore ces derniers jours ! Ce qui n’aurait pas fait le bonheur du député communiste Jean-Paul Lecoq qui s’était largement incliné face au Premier ministre de l’époque en juin 2020, avant qu’il ne quitte Matignon. Il ne manquera pas d’observateurs politiques pour prendre le pouls de ce scrutin non seulement local, bien sûr, mais aussi, surtout national prioritairement pour d’autres !