Déflagration au Havre: Lecocq chante et Philippe déchante ! La situation est grave mais loin d’être désespérée…

Comme disait le grand Jacques (Chirac) « Quand les emmerdes volent en escadrille «  Une expression que pourrait reprendre le maire du Havre!

Sale semaine en effet pour celui déjà contraint de « recadrer » son candidat parisien, Pierre-Yves Bournazel, qui n’a aucune chance de gagner et reste toutefois un obstacle à un rassemblement gagnant avec Rachida Dati au second tour dans la capitale et beaucoup plus grave, à titre personnel, donné perdant aux municipales dans sa ville qu’il gère depuis seize ans. Le résultat d’un sondage paru hier, non pas dans les bonnes pages de « l’Huma » mais du « Figaro » a fait l’effet d’une bombe et pas seulement à la hauteur de la Porte Océane. Qui pouvait imaginer il y a encore quelques mois que l’ex-Premier ministre et homme d’Etat pourrait être sérieusement menacé par son rival communiste, le député Jean-Paul Lecocq. Même dans une cité d’essence ouvrière et de gauche sociologiquement, ravie par Antoine Rufenacht en 1995. Trente ans et voilà à nouveau les « cocos » en situation de retourner à l’hôtel de ville en vainqueurs avec sur leur porte-bagage les alliés bien encombrants de la France insoumise ! Et ironie du sort c’est que Édouard Philippe pourrait être chassé par le même élu qu’il avait très largement battu en juin 2020 (il était encore pour quelques jours à Matignon) et aussi, ce qui lui a été beaucoup reproché, préféré le choix Lecocq aux législatives dans l’une des deux circonscriptions havraises. Un barrage républicain dont les effets risquent deux ans après d’être dévastateurs !

Parlons chiffres à travers cette photographie ( pas si surprenante que ça ) même si elle constitue une énorme déflagration dans la…politique française qui pourrait être privée d’un nouveau « cador » à la présidentielle . Au cas où. Il était déjà certain que le candidat du RN-UDR, Franck Keller, parachuté de Neuilly, franchirait le seuil lui permettant aisément de concourir au second tour. La pire des hantises pour des hommes de droite et du centre dans des villes où circonscriptions de gauche. Souvenons-nous des suites électorales après le désastre de la dissolution en 1997. Qui avait mis au tapis plus d’une soixantaine de députés sortants RPR-UDF de l’époque (dont deux dans l’Eure !). Les triangulaires sont souvent très assassines. Et l’histoire pourrait se répéter à l’échelle locale dans nombre de villes.

Il ne faut pas se voiler la face: la déperdition des voix en faveur de Franck Keller (à qui il est prêté un score de 18 % le 15 mars) ne sera pas très épaisse . Surtout avec la « si belle carotte « pour les électeurs du RN et d’une partie des sympathisants LR que serait l’impossibilité pour « Doudou » de se présenter en 2027 !

Force est de reconnaître que le score promis à Edouard Philippe, certes en pôle position au soir du premier tour avec seulement deux points d’avance 37 contre 35 « % sur « Paulo » est loin d’être confortable et ce d’autant plus qu’il ne dispose pas a priori de réserves de voix si l’on excepte bien sûr celles, probablement nombreuses, des abstentionnistes du 15 mars ! Et résultat des courses: le maire sortant serait battu une semaine plus tard de deux points (40 contre 42) face à son adversaire élevé alors au rang de « héros » national ! Pas par tous et toutes au niveau local et hexagonal pour les raisons que l’on connaît…

Le montage diffusé sur la Toile aussi amusant qu’il puisse être avec en…fond d’écran une banderole « Franck Keller, le candidat qui fait gagner les communistes » et en gros plan un échange de poignets de main chaleureux entre « Franck et Jean-Paul » ne suffira pas à inverser le résultat des urnes électroniques…Même si ces prévisions ne sont guère réjouissantes, peut-être permettront-elles de motiver davantage les électeurs havrais qui croyaient les jeux faits à l’avantage du sortant ! Ce qui n’est jamais bon…

La situation est grave mais néanmoins pas désespérée. Une élection n’est jamais gagnée d’avance. Surtout lorsque l’issue est incertaine. La preuve au Havre et dans d’autres grandes villes, n’est-ce pas à Nice où Christian Estrosi, autre éminent « Philippiste » pourrait être battu par Rico Ciotti)…

PS: Ce n’est pas très classe: l’antenne ébroïcienne de la radio ICI normandie qui organisait hier un débat avec la presse locale sur les municipales à Evreux avec le maire sortant, bien sûr, n’avait, pour des raisons organisationnelles, lancé une invitation qu’à seulement quatre des têtes de liste. Les quatre autres en ont été exclues. Dont l’une de gauche conduite par l’ancien maire radical de gauche, Michel Champredon. Au grand mécontentement d’un de ses colistiers, comme vu sur les réseaux sociaux. Pas vraiment à tort !

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