A la bonne soupe à gauche des troupes de Mélenchon: y a bon, miam, miam…

«Nous sommes tous des enfants de Gaza » ont scandé hier soir en transe les supporters du nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, porté en triomphe par ses amis après sa victoire contre le sortant socialiste. La seconde ville francilienne (et olympique) par son importance démographique est donc passée aux mains de LFI. La basilique royale où tant de rois ont été sacrés et enterrés dans notre histoire se transformera-t-elle en mosquée ? Au-delà de l’outrance sarcastique, le ton est aussi donné sur le futur qui se présente devant nous: les socialistes vont aller avec une grande cuillère à la soupe insoumise dans de nombreuses villes pour sauver leurs fauteuils ! Et pourtant c’était promis, juré et craché: aucun compromis possible avec les troupes de Jean-Luc Mélenchon, les grands vainqueurs du premier tour avec le Rassemblement national. Une bien triste configuration de ce qui pourrait se passer l’année prochaine ! Après une brève nuit de réflexion, ils y vont tous ou presque à la tambouille »  » Mélenchonesque chez Messieurs Faure et consorts. En revanche s’il venait à l’idée à Rachida Dati de pactiser (une hypothèse très peu probable) avec Sarah Knafo à Paris vous les entendrez tous crier au fascisme. Intolérable. La droite préfèrerait-elle perdre ?

Peut-être pas néanmoins à Paris où Rachida Dati, en souffrance, tend la main à son adversaire Pierre-Yves Bournazel pour gagner l’alternance. Ça n’est pas trop mal parti. Mais tant que ce n’est pas signé ! Reste que la victoire a droite et au centre ne constitue pas l’hypothèse la plus probable. Et pourtant la gauche sous le règne d’Anne Hidalgo a fait ce qu’il fallait pour se faire détester des électeurs parisiens. Ces derniers en redemandent visiblement pour six ans. Quel masochisme affligeant. Même situation à Lyon où contrairement à ce qui était attendu le large favori issu de la société civile et sportive, Jean-Michel Aulas, s’est écroulé en fin de campagne. Il n’est plus en position de force à l’entame de la seconde mi-temps. Que c’est cruel pour l’ancien président de l’Olympique lyonnais devancé hier soir par le…vert (qui n’est pas celui de Saint-Etienne) de Lyon, Grégory Doucet ! Le pire des affronts pour un amateur de foot lyonnais.

Et que dire de la situation de Toulouse où dans l’accord de gouvernance signé ce matin entre les gauches dans un bar (un bel effet de transparence) la mairie reviendrait au député LFI, François Piquemal et la métropole au socialiste ! Quelle incohérence entre le PS national et ses barons locaux qui pour se sauver sont prêts à toutes les compromissions et tambouilles ! Celle de Toulouse n’est pas la moindre.

La cité des violettes ne sent pas vraiment bon ! Comme à Bordeaux où le maire écologique, Pierre Humric, en grand danger, pourrait sauver sa tête grâce à l’impossibilité d’une fusion entre les listes de droite du centre qui ensemble se trouvaient pourtant en bonne position pour renvoyer à ses chères études l’édile. Et Marseille dans tout ça ? Une sacrée bouillabaisse à l’image de la salade niçoise qui normalement est promise à la table d’Eric Ciotti.

Dans la cité phocéenne force est de reconnaître que le sortant, au coude à coude avec le RN Franck Allisio, Benoit Payan a fait preuve d’un certain courage en refusant toute alliance de second tour avec la pire des caricatures politiques, le LFI Sébastien Delogu, Il est bien l’un des rares à sauver l’honneur de la gauche socialiste ! « le barrage au RN ne peut pas se monnayer » a-t-il déclaré ce lundi en allant déclarer sa liste inchangée à la préfecture.

Je reviendrai bien sûr toute la semaine sur les scrutins havrais et ébroïcien. Dans la cité portuaire il semble bien que l’ex Premier ministre, Édouard Philippe ) a fait un grand chemin en prenant ses distances (à dix points) le député communiste Jean-Paul Lecoq. Ce n’est pas fait mais ça y ressemble. Il apparaît que « Doudou » est bien placé pour valider son passeport pour l’élection présidentielle. Tel n’est pas l’objectif de son homologue ébroïcien, Guy Lefrand qui serait déjà très satisfait de rempiler pour un troisième mandat consécutif. Avec 29 % des suffrages, hier dimanche (un score pas très glorieux) il devance de 7 points son principal adversaire Samuel Brigantino dont l’entrée en politique peut être considérée comme plutôt bien réussie. Comme attendue. Peut-il néanmoins croire en ses chances lors de cette quadrangulaire qui s’annonce avec la fusion possible de deux des listes de gauche et la présence de la candidate du RN-UDR, Eugénie Petitjean ? À voir…Il ne partira pas toutefois favori.

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