Le hasard de la vie et de la mort. C’est au lendemain d’un scrutin électoral que l’ancien Premier ministre de la cohabitation avec Jacques Chirac, Lionel Jospin, une ancienne grande figure du Parti à la rose ( quel contraste avec ses actuels héritiers) parti à l’âge de 88 ans. En quelque sorte sa seconde mort après celle politique du 25 avril 2002 et son élimination au soir du premier tour de la présidentielle au profit de Jean-Marie Le Pen.
L’homme austère, de rigueur protestante, le père de la gauche plurielle, rose, verte et rouge ( républicaine à l’époque) et des 35 heures, était parti avec dignité en assumant les responsabilités de son échec, un coup de tonnerre alors pour toute la gauche ! Brisée par la multiplication de ses candidats…Une situation toujours à même de se reproduire, mais plutôt cette fois-ci à droite en 2027 ! Mais c’est une toute autre histoire. Qui très vite va s’ouvrir.
Après de si belles images vécues hier soir dans les rues de Paris après le large succès d’Emmanuel Grégoire sur Rachida Dati. C’était à la fois bobô, démago, vélo et métro pour le successeur de la reine, Anne Hidalgo, venue accueillir son successeur qu’elle déteste pourtant et dont elle éprouvait les pires difficultés à prononcer son nom. Le comble du grotesque avec toutes ces embrassades à l’issue d’une parade qui l’était tout autant ! Du vélo, du vélo, du vélo, le peuple de gauche en a redemandé avec gourmandise dimanche. Qu’il cesse pour toujours, car on ne voit pas la droite revenir un jour prochain, au pouvoir à l’hôtel de ville, de se plaindre. Il l’a voulu, il l’a eu…pour déjà six ans !
Comment ne pas y voir un petit rapprochement (qui a bien sûr ses…grandes limites) avec le résultat de la municipale à Evreux. Avec un maire lui aussi très critiqué et critiquable et ce
davantage d’ailleurs sur son comportement que sur le bilan de son second mandat. Même si aussi sa réélection n’est pas très glorieuse. Avec ses seuls quatre petits points d’avance sur son second et surprise de ce scrutin, Samuel Brigantino. Mais ne dit-on pas que seule la victoire est belle ! Il devait être bien déçu hier soir le jeune chef d’entreprise après ce parcours inattendu il y a six mois.
Encore qu’hier on ne peut pas dire qu’elle l’ait été dans tant de villes. Heureusement que les sombres alliances à gauche entre le PS et la France insoumise ont échoué lamentablement dans les urnes. Une consolation pour la droite et le centre après ses défaites à Paris, Lyon et Marseille qui ne peuvent tout de même pas effacer les prises de guerre que constituent la reprise à la gauche de nombreuses villes moyennes et même plus conséquentes. Des cités pour certaines historiquement à gauche depuis des lustres. Comme quoi finalement tout ou presque est toujours possible. Même la déroute électorale des écolos municipaux ! N’en déplaise à Marine Tondelier.
Il n’empêche: la forte poussée des extrêmes, de gauche comme de droite, pose un questionnement important et n’augure rien de bon pour le scrutin national de l’an prochain. À tribord, le bateau coulera si même il y a deux seuls candidats ! C’est déjà un de trop. Comme l’élection et ça fout la trouille dans la grande couronne parisienne, mais pas seulement, de maires communautaristes, issus de la « nouvelle France « tellement adorée par Jean-Luc Mélenchon et tous ses amis, avec notamment pour symbole la prise de Creil, où Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale, n’avait pas réagi à la première « affaire » du voile islamique au collège de cette ville.