Quel mauvais cinéma !

C’est aussi une exception culturelle bien française. Et là certains de nos « cultureux  » s’y entendent pour tout mélanger de façon grossière. Et de transformer des remises de récompenses les plus prestigieuses tant pour les Molières du théâtre que pour le festival de cinéma de Cannes en cour d’assises avec toujours sur le banc des accusés l’exécutif. Que ce soit justifié ou pas et que les accusés soient de gauche ou de droite. Les risques étant tout de même plus limités lorsque la gauche est au pouvoir avec des artistes très majoritairement orientés à bâbord. De circonstance à Dinard et Cannes !

Ce qui est excessif est bien souvent insignifiant. Comme la sortie de la « palmée d’or » (le plomb n’aurait pas été un mauvais métal ) la réalisatrice française Justine Triet, normande d’origine de Fécamp, couronnée hier soir à Cannes pour son film « Anatomie d’une chute ». Un très bon titre prémonitoire, il est vrai. Ou comment faire un buzz (de nature à faire du tort au film) tellement facile avec un discours engagé en parlant de la réforme des retraites, « une contestatation historique et unanime, réprimée et niée d’une façon choquante ».

C’est quand même aussi savoureux d’entendre ces mêmes hommes et femmes de cinéma, acteurs comme réalisateurs, le faire devant leurs pairs pour beaucoup acquis à leur cause, alors que cet art profite très largement des aides de l’Etat pour monter des films. Une exception bien française dans le monde sans parler du privilège accordé au statut des intermittents du spectacle. Quel comique de situation lorsque ces langues de vipère très engagées font preuve d’une belle ingratitude de grands privilégiés d’une industrie qui est pourtant aidée et aimée. « L’itinéraire d’un enfant gâté » loin d’arriver à la cheville du film de Lelouch avec le duo Belmondo-Anconina et sa bande originale musicale exceptionnelle.

La ministre de la Culture, Rama Abdul-Ramak, ce scud à peine retombé dans le ors du palais du festival, dans cet « entre-soi » de privilégiés tellement touchant, comme à l’occasion des Molières, où elle avait la pris la parole, a aussitôt tweeté en se déclarant « estomaquée » par les attaques jugées « injustes » de la troisième femme réalisatrice couronnée à la Croisette, lors de ce coup de gueule pas bien approprié. Même si la grande résistante à la réforme des retraites a été chaudement félicitée (surprise, surprise !) par Jean-Luc Mélenchon pour son courage. Quel courage que celui de prononcer quelques accusations devant un parterre majoritairement très favorable ?

C’est une autre prise de parole sans tapis rouge ni paillettes (ça se saurait !) qui elle aussi risque de susciter des réactions urticantes, celle de la Première ministre qui s’en est prise ce matin au Rassemblement national en « rafalant » sans huile de…palme cannoise ce parti « héritier de Pétain » et sa cheftaine, Marine Le Pen, dont elle a dénoncé les relations avec le régime de Poutine et l’autocrate du Kremlin. Quand « Babeth s’en va t-en guerre » ! Avec ses trop gros sabots. En ne passant pas par la Lorraine. Et là encore ce qui est excessif et caricatural devient dérisoire et surtout contre-productif. Elisabeth Borne aurait-elle pour objectif de se lancer dans le cinéma, lorsqu’elle aura quitté Matignon, en tournant « Opération diversion » ?

N’étant guère guère suspect de la moindre attirance à l’égard de « l’héritière » du RN (un doux euphémisme) je ne peux néanmoins que regretter ce mauvais cinéma tout aussi contestable. Elle ne risque pas d’être césarisée dans ce rôle d’une stratégie vouée à l’échec. C’est d’autant plus dommage que l’intéressée, il y a seulement quelques jours, s’était montrée déjà imprudente en justifiant presque l’intervention des écolos et radicaux climatiques essayant d’empêcher la bonne organisation de l’AG des actionnaires de TotalEnergies. « Les militants du climat étaient dans leur rôle d’alerte ». Ah bon, c’est une question de point de vue que l’on est pas obligé de partager à partir du moment où certains manifestants n’étaient pas venus seulement que pour…alerter ! « Baboo » le silence peut être parfois d’or. Forcément noir lorsqu’il s’agit des produits carbonés…

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