L’île de Beauté ne mérite pas toujours son célèbre label. Surtout lorsqu’il s’agit de sport et tout particulièrement de football. Que ce soit à Bastia et son stade Furiani, théâtre de souvenirs dramatiques avec l’effondrement d’une de ses tribunes déjà lors d’une confrontation avec l’équipe de Marseille en coupe de France ou Ajaccio. Lors d’un match cette fois-ci sans le moindre enjeu samedi soir. Mais néanmoins très sérieusement perturbé hors enceinte sportive avec déjà des heurts entre supporters et le comble du comble: l’agression d’un enfant de huit ans atteint d’un cancer au cerveau, victime avec ses parents d’une attaque dans la loge où ils étaient invités. Pauvre Kenzo, le petit « minot » marseillais qui pourtant vivait l’un de ses rêves: rencontrer ses idoles de l’équipe de l’OM-ce qui a pu être fait heureusement-avant le match. Un moment très fort hélas assombri par le surgissement curieux en tribune de quatre individus qui s’en sont pris à lui et à son père, frappés et dépouillés de leurs maillots bleu et blanc retrouvés peu après brûlés. Un odieux débordement gratuit et inqualifiable qui plus est sur un gamin luttant pour recouvrer la santé. « Che vergogna » (la « honte » en langue corse) a reconnu le président du club corse, Alain Orsini: « ces abrutis n’ont rien à faire chez nous ». « Cette ignominie n’est pas conforme aux valeurs de notre club et de la Corse ». Une évidence même si l’on peut regretter que sans atteindre forcément cette dimension émotionnelle terrible les exemples sont nombreux sur cette île de rêve où le sport est gangréné par des excès inacceptables dans les tribunes. Avec des dirigeants pas toujours à la hauteur. Les footballeurs havrais « volés » lors d’un match de barrage à Coty, le stade d’Ajaccio, n’ont pas oublié la chaleur de leur réception en terre insulaire !
Quel week-end noir pour le football français après aussi les graves incidents bordelais, le départ pitoyable de la star planétaire, Lionel Messi, conspué par des abrutis-aussi-de supporters parisiens. Triste spectacle. Heureusement compensé sur les bords de la Manche par le retour au sein de l’élite des Ciel et Marine havrais. Pour une fête en bleu précédant dans un tout autre domaine un autre rassemblement festif en rose et pour la bonne cause, la course des « Amazones » dont le départ a été donné par la ministre du cru déléguée à la Santé, Agnès Firmin-Le Bodo, une supportrice indéfectible depuis des années du sport havrais. Qui, pour la circonstance n’était pas en short laissant la priorité à son maire « Doudou » qui, après le bleu, avait endossé le rose pour participer à cette course de l’espoir.
C’était quand même plus sympa que ce nouveau palier franchi dans l’ascenseur de la violence autour du sport ! La plus belle des écoles hélas souvent trop agitées.
Le football toujours mais tellement éloigné à des années lumières avec un autre départ: celui du héros madrilène, Karim Benzema, quatorze ans de fidélité du club du Real. Des titres en veux-tu en voilà. Le plus beau palmarès de tous les temps du football français à l’étranger! Mais tellement contesté en équipe de France où il n’a pas connu le même succès. Un doux euphémisme. Sans oublier des entourages pas spécialement fréquentables d’où des soucis surtout pour sa carrière sous le maillot de l’équipe de France. Et ses différends répétés avec le sélectionneur, Didier Deschamps.
Peut-être l’avez-vous remarqué, mais sa pré-retraite très dorée annoncée à 36 ans, dans un club d’Arabie saoudite n’a pas suscité la réaction de beaucoup de nos élites politiques. Et notamment celles de nos amis de la France insoumise toujours très prompts à tirer sur les gros salaires de nos grands patrons, autrement plus modestes à titre de comparaison rimant avec provocation. Silence radio. Ou presque. Il y a les profiteurs et mauvais riches et les bons. On n’attaque pas une idole d’origine maghrébine dont le comportement hors du terrain n’a pas toujours été exemplaire ! L’ascenseur social il l’a en revanche bien pris. Ce qui est loin d’être un reproche. Direction le Golfe, pays des Droits de l’homme et des libertés comme chacun sait avec l’assurance (peut-être) d’un dernier gros chèque d’un montant de deux cents millions d’euros ! Il aurait tort de se gêner. Ca peut calmer quelques états d’âme…