« Doudou » monte au filet. Et cogne fort contre l’immigration. C’était son grand débarquement non pas à Roland-Garros avec quelques heures d’avance-dans les colonnes de l’Express-sur le « Jour le plus long ». Le jour d’une autre libération historique: celle de l’opération « Overlord » par les alliés venus d’Angleterre que l’on célèbre aujourd’hui sur les côtes normandes en présence du chef de l’Etat et de sa Première ministre, la régionale ou presque de l’étape. Le lendemain de sa visite au Mont Saint-Michel, où il salué l’archange et vanté à juste titre les importants moyens mis en oeuvre pour sauvegarder le site millénaire, l’une des plus belles merveilles du monde, il est donc resté pour quelques heures encore en Normandie.
Le maire du Havre n’avait jamais été lui aussi offensif sur ce dossier chaud comme les braises. On ne peut pas dire qu’il ait utilisé des pincettes pour à son tour donner sa position sur les questions migratoires. Sur une immigration qu’il juge de « fait accompli ». En tapant fort et en remettant notamment en cause les accords de 1968 avec l’Algérie, qui, selon l’ancien Premier ministre, favorisent les Algériens par rapport aux autres étrangers. « Le maintien de ces accords ne se justifie plus aujourd’hui, dénonce-t-il encore « alors que depuis une vingtaine d’années, notre population a augmenté de 9 % et celle étrangère de 53 % dans le même temps« . Et l’ancien locataire de Matignon de s’attaquer à ce qu’il appelle plusieurs « non-dits » toujours sur ce dossier très clivant. L’un d’entre-eux concerne le « sujet central, inquiétant et obsédant de l’islam ». Il y va fort le « Doudou » havrais, il ne va pas se faire que ses amis même chez « Horizons ». « Nos compatriotes trouvent très souvent qu’il y a trop d’étrangers dans notre pays, mais pour tous ceux qui travaillent dans des secteurs professionnels en forte tension de main d’oeuvre, on se repose beaucoup sur eux« . En soutien des propositions formulées par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, pour l’essentiel, il a mis de toute évidence le clignotant à…droite toute en montrant sa différence notable avec la position de LR concernant la proposition de dérogation européenne et internationale qu’il juge non satisfaisante dans ses modalités. A droite, sans complexe mais pas hors de l’Europe.
« Coucou les revoilou » les deux anciens maires radicaux de gauche du département de l’Eure, Franck Martin (trois mandats au compteur) à Louviers et son collègue de la ville chef-lieu, Michel Champredon (qui se contenta lui d’un seul) qui se trouvaient le week-end dernier à Montpellier pour assister au lancement du mouvement « La convention » de l’ancien dernier Premier ministre de François Hollande, un autre normand ex-maire de Cherbourg-Octeville en Cotentin, Bernard Cazeneuve, qu’ils entendent bien soutenir dans sa démarche. Aventure présidentielle ou pas! Aux côtés de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, figure de proue avec Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, de l’anti NUPES.
Ayant toujours le sens de la formule, Franck Martin, revenu sur ses terres électorales à l’occasion des dernières législatives où il forma un tandem avec son ami, Olivier Taconet, son ancien proche collaborateur à la mairie (lui aussi présent dans le Languedoc) s’est amusé à rassurer certains: « je n’ai pas pour ambition de revenir et de jouer les vétérans de retour et de participer au banquet des anciens ». Mais seulement et c’est déjà pas mal de défendre leur gauche « sociale démocrate, humaniste et écologiste » en combattant l’alliance de la NUPES qu’il dénonce depuis sa création et d’être le référent de Bernard Cazeneuve dans l’Eure. Son ancien collègue d’Evreux, lui, ne s’était pas retiré comme « Francky » dans le sud-ouest occitan, mais bien pendant quatre ans, sur un autre continent, l’Afrique et plus précisément la République démocratique du Congo puisque en mission sous l’égide de l’ONU. N’allez pas pour autant imaginer a priori un nouvel album de…« Michou-Tintin » de retour du Congo sur les rives politiques de l’Iton bordant l’hôtel de ville ébroïcien…