C’était peut-être leur rêve secret: celui d’approcher au plus près, comme les Gilets jaunes à leur époque, du palais présidentiel, voir, comme les premiers, l’Arc de Triomphe (vandalisé) et même planter leurs tentes et barbecues et défiler sur les… « Champs-et-lisiers ». De telles images boueuses auraient fait désordre à quelques mois du lancement des Jeux Olympiques sur les bords de Seine! Il n’en sera rien puisque la colère des agriculteurs, éleveurs et viticulteurs va descendre d’un grand cran-forcément d’arrêt-avec l’acceptation hier par la plus grande organisation syndicale agricole, la FNSEA, des dernières propositions de Gabriel Attal et les annonces du chef de l’Etat, en conclusion du Conseil de l’Europe à Bruxelles. Même si toutes leurs revendications n’ont pas été validées tant à Paris que dans la capitale belge envahie par plus d’un millier de tracteurs, les avancées ont été jugées suffisantes pour appuyer sur le bouton pause et lever le camp des barrages progressivement, d’une autoroute à l’autre. Avec une grande amertume pour les plus irréductibles. Retour à la ferme. Avec ou pas la satisfaction d’une victoire ? L’objectif (certes partiel) a été atteint avec la distribution d’une enveloppe d’environ 400 millions d’euros accordée par l’Etat. Le quoi qu’il en coûte ou son petit frère rural jouent les prolongations. L’exécutif ne pouvait pas faire autrement. Il ne s’en tire pas si mal que ça car la situation aurait pu être encore plus explosive et sérieusement dégénérer dans le temps. Gabriel Attal n’a finalement pas si mal géré avec ses ministres concernés, sa première grande crise. Force est de reconnaître que sa méthode a fonctionné. Reste qu’une « clause de revoyure » va venir très vite avec le Salon de l’Agriculture à la Porte de Versailles, prévu dans trois semaines. Et l’Etat n’a pas intérêt à jouer trop la montre. Les premières promesses devront être tenues d’ici là. Pas de mauvaises blagues…car le retour du bâton pourrait être sévère.
En attendant ce sont les écologistes et les ONG environnementales qui tirent « la gueule ». Car il semble bien que l’écologie punitive soit susceptible (un peu) de s’éloigner, à entendre la nouvelle porte-parole du gouvernement, au profit « d’une écologie des solutions ». En témoigne principalement la suspension du plan Ecophyto visant à réduire l’usage des pesticides. Une décision conjoncturelle et non pérenne comme pour les jachères au niveau européen qui ne pouvait néanmoins que satisfaire le monde agricole. Ses problèmes structurels n’en sont pas pour autant tous résolus. Loin s’en faut. Cela n’empêchera pas la Confédération paysanne, en retrait pendant toute la crise, de lancer ici et là des opérations coups de poing avec vérifications de cargaisons de camions étrangers (les bocaux d’asperges ou cornichons en provenance de Chine, et bien d’autres produits pourraient en faire les frais) et contrôles plus ou moins sympathiques dans la grande distribution. Que l’on a pas beaucoup entendue depuis ces deux semaines de grogne paysanne.
PS: C’était l’une des anciennes gloires de l’athlétisme français. Au temps du noir et blanc de la télé. A la fin des années cinquante. Un champion qui, à l’image de Raymond Kopa, était issu de l’immigration polonaise et travailleuse essentiellement dans les mines, installée dans le Nord-Pas-de-Calais au pays des corons, après la Grande Guerre de 14-18. L’un des plus beaux palmarès du sport tricolore à une époque pourtant de « vaches maigres », Michel Jazy, vice-champion olympique en 1960 à Rome et multi-médaillé lors de divers championnats européens, détenteur d’une quinzaine de records au plus haut niveau dont mondiaux, en demi-fond, s’est éteint hier dans les Landes où il s’était installé à Hossegor, à l’âge de 88 ans. Respect à ce grand monsieur de la piste aux étoiles qui lui aussi aura…surfé sur les vagues de la popularité pendant toute sa carrière sportive et même au-delà. Une sacrée…pointe de nostalgie pour les plus anciens.