20 heures, ce soir. Les premières fourchettes et projections de sièges tombent sur la table du festin électoral. Et nombre de protagonistes vont très très vite sortir les couteaux. D’autres seront à ramasser à la petite cuillère ! Et boire la tasse ou une piquette. C’est vraiment un rendez-vous en terre inconnue qui se profile à l’horizon, si cher au maire du Havre, Edouard Philippe, qui comme d’habitude, a été l’un des premiers à glisser son bulletin…Jean-Paul Lecoq (le candidat sortant communiste) et opposant local, dans son bureau de vote !
On nous annonçait il y a une semaine, lors de la première étape électorale, une déroute impitoyable du camp encore majoritaire même si relatif. Celui défendu bec et ongles par le toujours Premier ministre, Gabriel Attal, le chef de bord ayant réussi à maintenir plus ou moins à flots le navire sous pavillon Renaissance et ses alliés. Pendant ce temps-là, le président pas vraiment avare de ses mots, ce qui lui a été vivement reproché depuis les Européennes, consultait ses visiteurs du jour et de la nuit, dans son bureau de l’Elysée. Pour préparer l’après. Tellement incertain, voire sombre. Même si le dernier sondage donnait une fourchette large allant jusqu’à l’élection et la réélection de 150 députés. Certes très largement insuffisant mais néanmoins presque…inespéré. Pas de quoi bien sûr continuer à tenir les commandes gouvernementales mais suffisantes pour jouer encore un rôle non négligeable dans la nouvelle configuration de l’hémicycle.
Mais quel scrutin des toutes les peurs, celles liées dans un premier temps à l’obtention par l’un des deux blocs des extrêmes qui n’ont jamais aussi bien porté leurs noms, d’une majorité absolue. Une crainte qui aujourd’hui semble écartée, sauf « grosse catastrophe ». Ne vendons pas toutefois la peau de l’ours Bardella et Mélenchon avant de l’avoir tuée…dans les urnes. Les seules, les vraies…
Affaibli par la dissolution, le chef de l’Etat s’est préparé ces derniers jours à toutes les hypothèses. Parviendra-t-il déjà à préserver l’unité de son propre camp retranché et attaqué de toutes parts ? La question n’a cessé d’être posée lors de cette ultime ligne droite pour le moins agitée. Et si les trois blocs se retrouvaient au final dans la nuit à « touche-touche » (invraisemblable encore il y a quelques jours) à quelques dizaines de sièges tout de même près ? Le plus grand flou demeure. Et il n’a rien de particulièrement réjouissant même si ce serait en quelque sorte une petite victoire des macronistes et un échec tout relatif du camp des extrêmes. Vainqueurs peut-être, mais avec une marge beaucoup moins conséquente que celle initialement prévue par tous les médias. Qui conduirait déjà à un refus de l’obstacle Matignon par Jordan Bardella. On irait tout droit vers une impasse pavée des plus mauvaises intentions avec une chambre ingouvernable. Dans un genre tout de même différent de l’instable IV e République. Pour une cohabitation bien difficile à cerner à quelques heures de l’épilogue. Tout dépendra bien sûr des électeurs et électrices privés de leur candidat de choix du premier tour. Se mobiliseront-ils même en se bouchant le nez pour marquer leur désarroi à l’égard des manoeuvres politiciennes pendant l’entre-deux tours. Le front républicain contre le Rassemblement national sera-t-il suffisant et étanche ou au contraire aura poussé nos compatriotes à faire un pied de nez pas fracassé comme celui du footballeur Kylian Mbappé, pas plus inspiré sur un autre terrain, aux décisions des appareils politiques parisiens ?
On a hâte de savoir. A ce soir pour des premiers commentaires à chaud. Avec l’espoir que les mauvais joueurs de l’ultra-gauche et de l’ultra-droite ne viennent pas semer le désordre et la violence dans les rues de nos villes à la lecture des premiers résultats ! Qui je l’espère permettront à mes ami(e)s candidats, tant en Seine-Maritime que dans l’Eure, départements que je connais mieux, d’être élus ou réélus face aux extrêmes ! Ils et elles se reconnaitront aisément. Ayant peur d’en oublier quelques uns, je me garderais bien de donner des noms…