C’était loin d’être gagné d’avance ! Mais ça fait tout de même plaisir de constater que la « chienlit » de la France insoumise s’est trouvée momentanément arrêtée dans son élan avec la défaite de l’un de ses agents « endocriniens » les plus perturbateurs de l’Assemblée nationale, à la municipale partielle de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. Dont le second tour, hier dimanche, a noyé les espérances du roquet médiatique de LFI et de ses chefs. Lourdement défait de dix points, le « Loulou » insoumis, alors qu’il avait viré en tête le dimanche précédent, certe d’une courte encolure face à sa rivale des « Républicains », Kristell Niasme, ex-première adjointe d’une équipe au tiers démissionnaire. L’ancien maire, Philippe Gaudin, coupable de geste répréhensible (un salut nazi en pleine séance de conseil municipal) et à l’origine de ce nouveau scrutin, s’était pourtant maintenu contre son ancienne colistière.
Le front « républicain » anti LFI a constitué de toute évidence un barrage largement suffisant. Le défaite de Louis Boyard est lourde (49 % contre 38 %). « Seuls contre tous, a t-il réagi, c’est un message d’espoir que nous avons reçu ce soir et non celui d’une défaite. Nous avons été insultés, calomniés et intimidés » a -t-il encore plaidé pour sa défense. Et il s’y connait dans ce vocabulaire qui lui est pour le moins familier !
Il apparaît clairement qu’en dépit d’un appel au soutien (en se pinçant fortement le nez) des trois autres formations de gauche qui courageusement avaient refusé le combat d’un second tour, favorisant de fait l’élection du « sacré Loulou » que nombre d’électeurs socialistes et communistes se sont désolidarisés du trublion de l’Assemblée appelé à y retourner. Il y a pire comme punition.
Cette défaite va laisser des traces sérieuses dans les relations déjà très compliquées entre le parti de Jean-Luc Mélenchon et surtout le Parti socialiste dont les vélléités « indépendantistes » vont encore s’accélérer. Peut-être dès cette semaine, même si la menace de censure déposée par la France insoumise ou des « Verts » reste toujours d’actualité chez une partie des parlementaires socialistes. Comme celle d’ailleurs du Rassemblement national.
En attendant, il fallait voir l’exultation digne des soirs de victoires d’antan (peu nombreux depuis les municipales de 2020) dans le camp de la droite et principalement celui des Républicains avec une Valérie Pécresse, présidente de la Région francilienne et soutien très déterminé de la tête de liste vainqueur, au premier rang de ses supporters ivres de joie par le résultat ! A en devenir un peu pathétique de « nunucherie » ? Mais de là à crier « haut et fort » que « la Droite était de retour », comme l’ont fait l’ex-candidate à la présidentielle et Laurent Wauquiez, il existe peut-être une « légère marge » et un certain…sentiment de suffisance pas forcément approprié en la circonstance ! Encore que ce même dimanche, un bonheur n’arrivant jamais seul, la famille gaulliste a enregistré aussi le bon résultat de sa candidate au premier tour des législatives partielles de Boulogne-Billancourt, un fief historiquement de droite devenu macroniste depuis 2017. 11 candidats dont toute la palette ou presque des couleurs du bloc central se trouvaient sur la ligne de départ pour reprendre le siège laissé vacant après le départ de Stéphane Séjourné comme commissaire européen à Bruxelles.
Il y aura donc en principe une finale entre les…de Maistre (Elisabeth) largement en tête avec 38 % des suffrages) et de Jerphanion (Antoine) représentant « Horizons », dont les 18 % du premier tour du scrutin, ne lui laissent que peu d’espoir, même en bénéficiant (ce qui loin d’être assuré) de quelques voix des électeurs du candidat d’EPR, soutenu par Gabriel Attal, ne figurant qu’en quatrième position derrière la candidate écologiste. Encore une claque pour l’ancien chef du gouvernement. La désignation par LR de l’ancienne suppléante de Stéphane Séjourné, macroniste de la première heure, avait déjà fait voler en éclats le pacte de non agression entre les deux leaders des Hauts-de-Seine, l’ancien Premier ministre et Philippe Juvin, président de la puissante Fédération LR de ce département, qui s’étaient répartis les sièges « gagnables » en juillet dernier après la dissolution ratée…On peut imaginer qu’il va y avoir du tirage et des ressentiments au sein de leurs familles respectives. Ce qui ne sera pas nouveau chez ces nouveaux alliés ! Elles attendront tout de même le verdict des urnes de dimanche prochain, même si l’issue semble jouée dans une consultation électorale n’ayant déplacé que 30 % des inscrits ce dernier dimanche, soit dix points de moins que lors de la municipale très suivie du Val-de-Marne !