Il était si truculent ! Beaucoup plus que les voyous et émeutiers condamnés si légèrement…

C’était l’un des hommes politiques les plus truculents depuis plus d’un demi-siècle. Il est parti dans nuit de dimanche à lundi pour son dernier voyage, à l’âge de 85 ans, après une vie bien remplie, député, secrétaire d’Etat, ministre. Et surtout maire depuis 46 ans d’une ville qu’il aimait tant et dont la population le lui rendait bien, Issy-les-Moulineaux, près de Paris où l’annonce de son décès a été très vivement ressentie par ses chers concitoyens, toutes tendances politiques confondues. Bien que très malade et sortant de l’hôpital, le centriste de toujours, André Santini, avait tenu en mars dernier à solliciter à nouveau les suffrages de ses électeurs. Pour un nouveau succès face à deux listes au second tour. Son dernier, certes un peu pathétique compte tenu des circonstances ! Il ne pouvait comme Molière que s’en aller sur scène. Celle qui l’a vu briller pendant toutes ces décennies. Comment oublier…cet ex bon vivant éternel avec son barreau de chaise à la bouche. Cet homme au cigare que j’ai eu la chance de rencontrer, il y déjà un sacré bail, sur le tarmac de la base aérienne 105 à Evreux, à l’occasion d’une cérémonie que je couvrais comme journaliste. Nous ne nous ne connaissions pas, mais nous avions échangé longuement. Et que c’était drôle. L’un de mes meilleurs souvenirs professionnels avec le plus grand des blagueurs d’origine corse natif de Paris. Celui qui ne cessait de dire que son esprit consistait à mourir dans son bureau de l’hôtel de ville ! Dont je retiens également l’une de ses autres formules tellement nombreuses: « Quelle est la différence entre un cocu et un député ? Le premier n’est pas obligé d’assister aux séances ». Un sens de la répartie très fort comme en témoigne une autre de ses sorties en 1988, lorsqu’un cardinal français s’était opposé à l’utilisation d’une campagne publicitaire contre la propagation du Sida. « Ce prélat n’a rien compris au préservatif. La preuve c’est qu’il le met à l’index « . C’était tout André Santini…Et c’était quand même plus…jouissif que les éructations de tant de ses successeurs dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. De bien tristes trublions de l’espace politique. Alors que devant les tribunaux, lors des comparutions immédiates, se trouvaient prononcées hier les premières sanctions très minimales (comme d’habitude) à l’encontre des casseurs et auteurs de violences commises dans le prolongement de la finale de la Champions Ligue de football. Encore un « foutage de gueule » symbolique de l’état laxiste de notre justice. Peut-être même que celui qui nous a quittés aurait bien goûté cette défense d’un des voyous « sursitaires » dans le prétoire, pourtant armé d’un mortier, samedi soir. « Je n’étais là que pour protéger les pompiers ». Une bien comique protection. Avec un tel garde du corps, les soldats du feu sont assurément bien protégés !

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