Le roi Mélenchon s’apprête à lancer en cette journée du Seigneur, sa quatrième campagne en vue de s’installer à l’Elysée. C’est beau d’y croire. Comme celle à « la force des lieux » comme il a la modestie de l’annoncer à quelques heures de son premier meeting XXL prévu ce dimanche, au pied de la basilique et nécropole des rois à Saint-Denis, sur la place Victor-Hugo. Rien que ça. ils ont osé…les Misérables de la tribu des Insoumis. Une mise sous orbite qui n’aurait pas été possible sans la victoire récente aux municipales d’un homme passé en quelques jours d’un inconnu si j’ose dire célèbre, Bally Bakayoko, à un visage désormais familier et starifié des émissions télévisées. Ce « héros de la Nouvelle France » n’a pas seulement apporté au tribun clivant de LFI, la plus grande ville (150.000 habitants) de la région francilienne et ce dès le premier tour en chassant le maire socialiste de la ville, mais lui a servi sur un plateau royal l’un des épicentres de l’Histoire de France où se sont mêlées monarchie et révolution. Le malien d’origine, venu comme tant d’autres du communisme municipal est passé dans un premier temps chez le Front de gauche, berceau de LFI, avant de poser ses valises chez la France insoumise en 2017, dernier étage de son ascension où il constitue de fait une pièce maîtresse sur l’échiquier de Jean-Luc Mélenchon. Où le fou du…roi, voire la tour pour le protéger. Pour la couleur, c’est une certitude. Il n’y a pas tromperie sur la « marchandise » ! Propulsé en quelque sorte dans un rôle de porte-parole loyal mais tout de même libre, cet amateur de basket préfère que l’on parle de lui comme un « héritier de l’immigration » . Il émet quelques nuances avec le mouvement des Insoumis et notamment sur l’utilisation du terme « racisé ». Il permet aussi au sein de ses amis d’incarner une manière de répondre aux fascistes avec tout de même la difficulté de ne pas s’énerver face au racisme. Un sénateur socialiste (une famille politique honnie par LFI) va même jusqu’à dire que le « nouvel homme fort » de la gauche extrême séduit au-delà des Insoumis. « J’irais bien boire une bière avec lui contrairement au coordinateur du parti, Manuel Bompard« . Un pisse vinaigre, il est vrai ! Le matheux de la bande…Cela n’empêche pas néanmoins ce sénateur à la rose fanée de craindre pour l’intéressé un rapide et possible retour de bâton : « S’il prend trop de place, l’état-major et la garde rapprochée de JLM risquent de lui casser les pattes ». En attendant ce jour funeste de la mort du nouveau roi (une image pieuse forcément) Bally Bagayoko semble tout de même disposé pour l’heure de ce début officiel de campagne présidentielle, disposé à partager son trône…Pour combien de temps ?