Non, ce Mondial de football, tant attendu, n’est en rien comparable, comme ceux qui voudraient le faire croire bêtement, à une répétition de sinistre mémoire des Jeux Olympiques de Berlin de 1936 sous le règne naissant du Régime hitlérien avant que l’Europe ne plonge dans l’horreur de la Seconde guerre mondiale ! Non, Donald Trump, en dépit de toutes ses folies, et notamment guerrières, n’est évidemment pas Adolf Hitler et a priori il n’y aura pas un nouveau James Owens comme bouc-émissaire sur les stades américains.
Mais il n’empêche, il y a tout de même de quoi être inquiet avec des prémices pas vraiment porteurs d’espoirs avec ce que veut nous « vendre » le locataire de la Maison blanche. Qui, n’en doutons pas va profiter de cet événement pour essayer de faire briller son aura bien ternie. Son administration n’a pas joué dans la dentelle pour chasser les indésirables sur le sol yankee. En premier lieu bien sûr la délégation iranienne et son équipe reléguées à plusieurs milliers de kilomètres au niveau de son hébergement de façon autoritaire chez le voisin mexicain, également hôte avec le Canada du plus grand événement sportif du globe. Les visas, pour nombre d’entre eux, ont été refusés. Et ce carton rouge ne concerne pas seulement que les footballeurs du pays toujours en guerre avec le « grand satan », même si le président américain a une fois encore répété que le traité de paix serait signé ce week-end. Comme par hasard ! Faut-il enfin y croire ?
Et que dire de l’apartheid tellement ridicule signifié à l’un des meilleurs sifflets du monde d’un arbitre d’origine somalienne, privé de coupe du monde pour cause d’être issu d’un pays marqué au fer rouge par Washington. Il n’était pas question pour l’ex-pays de la Liberté, les Etats-Unis, d’accueillir à l’intérieur de ses frontières de moins en moins perméables aux intrus étrangers un arbitre originaire d’une « contrée jugée barbare ». Résultat, pour faire un peu la nique aux instances mondiales du football, la FIFA, complice en quelque sorte des vétos multiples du pays organisateur, la petite soeur européenne, l’UEFA, jadis présidée par l’une des gloires du football tricolore, Michel Platini, a annoncé son désir de confier le sifflet à cet arbitre africain à l’occasion de la finale du prochain Euro ! Bonjour l’ambiance…
Alors que la compétition, hier soir, a démarré par la victoire des Mexicains sur l’Afrique du sud à l’issue du match d’ouverture « auréolé » par la distribution de trois cartons rouges dont deux aux joueurs sud-africains, au stade mythique Azteca de la capitale sud-américaine, un temple certes devenu vétuste mais où résonnent encore les exploits formidables de Pelé lors d’une plus belles finales, restées historiques, pour les plus anciens, en 1970, puis l’argentin Diégo Maradona, soulever la coupe Jules Rimet (un français, cocorico !) seize ans plus tard. Le triste cinéma « trumpien » avec toutes ses outrances ne fait que commencer alors que cette grande fête du ballon rond ne débute après la très controversée précédente édition confiée de façon scandaleuse au Qatar. Qui comme le « nouveau monde » ne fait pas partie du gotha footballistique. Loin s’en faut. Mais lorsque la politique internationale prend le meilleur ou plutôt le pire, hélas sur le sport ! Comme c’est le cas encore une fois. De trop. Surtout que les trois pays organisateurs (un chiffre ridicule) et tout particulièrement le Mexique et les Etats-Unis ont mis la barre très haut, encore un record indigne, en matière tarifaire pour l’entrée dans les stades. Des prix prohibitifs qui s’ajoutant à la difficulté d’obtenir des visas pour espérer trouver une place dans les tribunes des stades de la bannière « étiolée » n’augurent rien de bon ! Espérons tout de même…