La cocotte minute météorologique aurait-t-elle une incidence sur la surchauffe politique ? Toujours est-il que les salons et couloirs de l’Assemblée nationale ont vécu hier samedi une température maximale avec le bruissement d’une rumeur de possible dissolution du Palais Bourbon et ce avant l’élection de la présidentielle. Une information-hypothèse aussitôt « clairement démentie » par l’entourage du chef de l’Etat. Est-il vraiment utile de ressasser « l’exploit » et l’initiative d’Emmanuel Macron, quelques minutes seulement après la lecture des résultats des Européennes de juin 2022. La rampe de lancement hélas idéale d’une forte instabilité politique qui, depuis, ne s’est jamais démentie. On pourrait même parler d’accélération !
Comme celle, toujours hier, de la première étape de la campagne présidentielle de l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, lors d’un meeting ayant pour cadre le Parc floral à Vincennes, aux portes de Paris. Pour ce qui est des portes de l’Elysée, il faudra au Vendéen, pour les ouvrir, plus que la présence en « guest-star » de l’écrivain Boualem Sansal, la nouvelle égérie…plus très jeune de la droite et de la droite extrême. Côté personnalités, le sénateur, sentant bon le terroir rural et candidat à l’Elysée qui a répété, comme d’autres, qu’il irait jusqu’au bout, contre vents et marées de son cher département du littoral atlantique. Est-ce bien sûr le choix de ce lieu souvent choisi par les personnalités de droite pour leur premier meeting de campagne à la ville, toujours est-il qu’il a envoyé d’entrée un gros bouquet de fleurs de compliments à l’adresse de l’actuel président de la République, dont le nom a été cité une seule fois dans son propos. Un « Manu » forcément au bilan étrillé principalement en matière de justice, de santé et d’éducation. « Après dix ans d’En Marche, plus rien ne marche ». « Ils pensent et marchent de travers et ont mis la France à l’envers« , a cinglé le président des Républicains, qui pouvait compter, dans les premiers rangs de sa salle, Michel Barnier, Gérard Larcher, les dinosaures du parti pas forcément très fiables sur la durée, sans parler de Valérie Pécresse, cette dernière ayant ouvert lors du dernier scrutin présidentiel le cercueil des espoirs de LR et de l’incontournable maire de Troyes, François Baroin, l’ancien « bébé » Chirac, le même qui, sous la pluie au Trocadéro « était » l’un des derniers « barons » gaullistes à croire encore à un autre François, Fillon, lors de la présidentielle de 2017. « Sa présence n’est pas fortuite, elle est importante pour moi »... dira-t-il à l’ouverture de son discours, avant de le clore, toute aussi évidemment au sein de cette famille, par une Marseillaise reprise en choeur sur l’estrade par le candidat entouré des seuls jeunes militants. Voulait-il par là ne pas chanter avec les élus notables présents (il manquait à l’appel comme prévu Laurent Wauquiez, Jean-François Copé et Xavier Bertrand) dont certains d’entre-eux sont susceptibles de la quitter demain ou après-demain ! Des images toujours délicates à supporter.
Alors qu’au centre, certaines voix et non les moindres dans les entourages des deux candidats Edouard Philippe et Gabriel Attal, appellent à un départage entre les deux bien avancé dans le calendrier. A savoir qu’il serait trop tard en janvier ou février prochain, pour la sélection finale. Beaucoup et ils sont de plus en plus nombreux, n’approuvent pas cet agenda d’attente. Ils souhaitent, non sans raison, que dès l’automne l’un des deux rivaux s’efface afin d’éviter une foire d’empoigne mortelle pour celui apparaissant comme le mieux placé au sein de cette famille d’anciens Premiers ministres, fussent-ils considérés comme des héritiers de l’actuel chef de l’Etat si impopulaire ! Mais la seule chance d’éviter le mortifère choix impossible entre le représentant du Rassemblement national et Jean-Luc Mélenchon. En attendant dans son long entretien de quatre pages dans la presse hebdomadaire dominicale, le maire du Havre…fait semblant, peut-être, de ne pas douter des « sens de responsabilité de Gabriel Attal ou de Bruno Retailleau ». Fusse-t-il être entendu dans cette hypothèse ! On scrutera avec la plus grande attention son « raout » du 5 juillet prochain à « l’Adidas Arena » à Paris. Un rendez-vous de la plus grande importance pour marquer son territoire et surtout ne pas se louper…et montrer que le « produit » Philippe est meilleur que celui de ses rivaux à droite et au centre ! Et que ses troupes sont en ordre d’avancer…