Il avait manqué son lancement de campagne diffusé de son bureau de Matignon, une erreur catastrophique. La première d’une longue série. Il n’aura pas en revanche raté sa sortie d’une grande dignité, au soir du premier tour de la présidentielle de 1995, qui l’avait vu se faire distancer par son « ami de trente ans » Jacques Chirac, donné pourtant perdant à coup sûr quatre mois plus tôt. Et cette fameuse sortie restée dans toutes les mémoires: « je vous demande de vous arrêter » pour appeler vertement et avec autorité ses partisans à cesser de siffler les deux finalistes, Lionel Jospin et Jacques Chirac. Un grand moment demeuré dans l’histoire politique de notre pays. Hier soir, à l’annonce de sa disparition à l’âge de 97 ans, cette même classe politique lui a rendu un hommage unanime. C’est tellement rare. Certes, il avait laissé une image distante et un peu hautaine de son passage comme second Premier ministre de la cohabitation de 1993 à 1995. Homme d’Etat, il l’était assurément et son bilan comme chef de gouvernement parlait et plaidait pour lui. Sauf qu’il rata complètement sa campagne, un peu à l’image, quelques années plus tôt de Raymond Barre, alors qu’il était largement favori. Avec un soutien affiché davantage de ses alliés UDF et ses « barons » nombreux et puissants à l’époque, plutôt que du dernier carré de fidèles du RPR et surtout du « grand Jacques », dont Alain Juppé, Philippe Seguin et bien sûr…Jean-Louis DEBRE, son futur ministre de l’Intérieur et maire d’Evreux !
Comment oublier la déchirure, (pas vraiment la première ni la dernière !) de la droite à l’époque, et la « traîtrise » jugée comme telle, de celui qui allait devenir plus tard président de la République, Nicolas Sarkozy et succéder à Jacques Chirac. « Sarko » comme Charles Pasqua, d’ailleurs, avait choisi son camp, celui de « Ballamou » son mentor et le paya d’une longue traversée du désert !
Cela ne l’empêcha pas de revenir comme tant d’autres, au premier plan…Pas Monsieur Édouard, l’ancien très proche collaborateur du président Pompidou, qui élu député après son échec présidentiel, à Paris, échoua dans sa dernière épreuve électorale à prendre le « perchoir » la présidence de l’Assemblée nationale que lui souffla un certain Jean-Louis DEBRE !