L’Hémicycle a retrouvé son ambiance de grande « bordélisation » hier, lors du retour de sa traditionnelle séance de questions au gouvernement. Avec comme toujours les mêmes insupportables « chauffeurs » de salle pour mettre le feu à l’Assemblée nationale. Sans les flammes heureusement, mais pas sans indécence quelques jours après le crime raciste de Trappes. Il n’aurait pas été inutile en effet que la représentation nationale fasse un peu plus de concorde après la minute de silence célébrée en mémoire de la victime fauchée dans l’enceinte d’un centre commercial de cette ville transformée depuis des décennies en Mecque du Jihad. N’en déplaise à son maire, Ali Mérabet, que l’on a beaucoup vu (et pas seulement accompagné dans sa propre ville d’un fiché S favorable à une intifada sur notre sol et très peu fréquentable ) lors de la visite du ministre de l’Intérieur, depuis le drame sur les écrans de télévision. Et notamment hier au Palais Bourbon aux côtés de plusieurs députés de gauche. Il ne lui manquait que l’écharpe de parlementaire ! Si ça continue, il va faire une concurrence déloyale à son collègue de Saint-Denis, Bailly Bagayoko, le chantre de la « Nouvelle France » mise en avant par Jean-Luc Mélenchon et ses frères et sœurs de la Révolution. Attention Jean-Luc, porté par une vague qu’il imagine incommensurable, Bally pourrait venir te mordre les mollets et être tenté lui aussi par une candidature à la présidentielle !
Plus on est de fous, plus on…déprime comme lorsqu’on a vu aussi une bonne partie de la gauche faire son cinéma, hier après-midi, en quittant momentanément l’hémicycle pour ne pas entendre davantage les propos du nouveau président du groupe RN, successeur de Marine Le Pen, Sébastien Chenu, qui électrisa l’atmosphère déjà bien surchauffée avec des provocations bien inutiles répondant à celles de la partie adverse de la France insoumise plus tôt.
L’actualité sociale depuis un mois et le chaos dans nos villes font qu’il n’y a plus d’espace pour les partis dits de gouvernement complètement sous l’eau. La France politique n’est plus réduite qu’à un duel des extrêmes surfant sur la vague du grand…remplacement mais pas forcément celui espéré par Eric Zemmour lors de la précédente présidentielle !
Leurs supporters ont de quoi être inquiets devant la dégringolade des représentants du bloc central, Edouard Philippe et Gabriel Attal, plombés par leur passé macroniste à Matignon. Certes le maire du Havre a, semble-t-il de façon définitive, lâché « Gaby » qui aujourd’hui ne pèse guère plus de 5 % dans les sondages, mais pour autant il lutte de plus en plus pour la…quatrième place dans les sondages derrière les trois candidats de gauche (j’y inclus Marine Le Pen) Mélenchon et Glucksmann. On se rapproche davantage d’un Waterloo que du pont d’Arcole ou d’Austerlitz ! D’où le retour à la tentation d’une primaire rapide d’ici à la fin de l’année ou au pire après l’an neuf, pour départager la petite armée de prétendants de droite et du centre en déroute. Les récents sondages ne font que compliquer la perspective d’un rassemblement entre les principaux rivaux auxquels il faut désormais ajouter le maire de Cannes, David Lisnard, qui, depuis plusieurs semaines, a le vent en poupe. Suffisamment pour inquiéter celui qui il y a quelques mois semblait être le meilleur rempart pour une élection « haut la main » de la représentante du RN ? Qu’est-ce que ça changerait puisque de toute évidence aucun n’est susceptible aujourd’hui de se qualifier pour la grande finale offerte aux deux extrêmes ?
Devant cet embouteillage et ce « tout droit vers l’humiliation pour jouer les spectateurs » et de laisser leurs électeurs face à un choix cruel à bien des égards, certaines voix se font entendre à tribord, avant que le seuil d’alerte ne soit définitivement atteint, pour réclamer d’urgence une primaire de façon à espérer encore ! Un peu. Une solution toujours balayée du revers de la main par l’ex-favori, Edouard Philippe, qui n’en voulait pas et le seul de la bande à écarter cette hypothèse. Mais ça c’était avant …Pourtant il y trouverait probablement son intérêt. Même encore maintenant. Une évolution est-elle possible, en dépit du calendrier restreint ? A voir ! Devant l’urgence de la situation, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a même été jusqu’à proposer le nom de son ami des Yvelines et président du Sénat, Gérard Larcher, pour porter les couleurs de la droite et du centre. Il y a vraiment le feu…