Il n’y a pas de quoi se réjouir et fanfaronner ! Et un avion de ligne détourné sur les pistes de la BA 105 à Evreux…

Non, non, non. Trois fois non. On aurait tort de se réjouir du fait que la manifestation nationale contre la vie chère alimentée par le carburant hautement inflammable de la colère lycéenne « se soit déroulée hier dans la joie, la bonne humeur et l’allégresse générale »…à entendre plusieurs personnalités syndicales et politiques toute heureuses de pouvoir claironner sur le succès populaire (indéniable) des cortèges à travers la France. Avec des chiffres très probablement fantaisistes et un delta impressionnant entre les « scores » livrés par le ministère de l’Intérieur (autour des 600.000) et ceux par la CGT qui pousse le curseur jusqu’à 1,6 million de manifestants dans les rues. Une dernière affluence que l’on peut interpréter comme un mensonge grossier. Nous étions « possiblement » sur un chiffre autour du million. L’essentiel n’est pas là finalement.

Le plus grave ne se situe-t-il pas ailleurs, alors que l’on nous annonce une nouvelle journée perturbée ce samedi par les lycéens, étudiants et Gilets jaunes. Encore une journée de perdue gravement pour des milliers de commerçants traumatisés par les attaques en règle dont ils ont fait l’objet. Ils vivent dans l’angoisse depuis plus de trois semaines barricadés derrière leur devantures masquées par des protections de bois. A ne plus savoir s’ils doivent fermer leurs rideaux en fonction de l’itinéraire retenu ! Quel manque à gagner insupportable dont beaucoup ne se remettront pas…

Et que dire des dégâts sans cesse plus conséquents causés aux établissements scolaires (bloqués pour un trop grand nombre d’entre eux) et partiellement détruits par des commandos bien préparés de voyous armés de mortiers et produits incendiaires. Comme ça été encore le cas hier d’un lycée situé près de Toulouse. De la casse gratuite (sauf pour les Régions et l’Etat) et sauvage qui pourrait très mal finir avec des morts potentiels! Et pendant ce temps là nos potaches (une minorité très agissante) continuent de battre le pavé, brandir des drapeaux palestiniens et interdisent l’accès à ceux qui voudraient bien suivre leurs cours.

Toute aussi inadmissible le fait que les plus radicaux brandissent et brûlent des mannequins de personnalités de la télévision traitées de fachos et d’un CRS conçu lui en toute tranquillité par des étudiants en arts plastiques, en province. Quel magnifique exercice pratique ! Tout comme celui de nos « amis » radicaux de la France insoumise et de « Révolution permanente » un groupuscule d’extrême gauche, huant et contraignant un candidat de la présidentielle de gauche…a priori, Raphaël Glucksmann, à sortir du cortège parisien plus vite que prévu. Quel bel exemple de démocratie qui en dit encore long sur les intentions révolutionnaires d’un parti qui va pourrir de plus en plus la campagne présidentielle ! Avec un succès promis dans les urnes et une éventuelle place de finaliste.

C’est bien connu que tous les chemins mènent à Rome. La preuve hier avec le détournement forcé d’un avion de ligne reliant Dublin à Rome avec ses 157 passagers et 6 membres d’équipage, qui, sous bonne escorte de deux avions de chasse français, a été contraint de faire une escale improvisée sur le tarmac de la BA 105 d’Evreux. Suite à la fois à une alerte à la bombe et beaucoup plus curieusement au refus dans un premier temps du pilote d’atteindre les pistes de la base militaire euroise. Une démarche qui a entraîné d’ailleurs l’ouverture d’une enquête judiciaire. Un incident des plus rarissimes qui, comme d’habitude, a suscité des commentaires d’internautes pas très drôles se moquant et ironisant pour le plus grand nombre d’entre sur l’attractivité du chef-lieu de l’Eure. Ca ne méritait vraiment pas ce déluge de sarcasmes ! Malvenus qui plus est en pareille circonstance. J’ai préféré, toute politique mise à part, le message publié par la tête de liste du RN aux dernières municipales, Eugénie Petitjean. Qui elle s’est livrée à un commentaire humoristique sur toutes les qualités de cette escale imprévue en terre normande. En s’adressant de façon fictive bien sûr aux malheureux passagers du vol: « Pourquoi pas un petit détour par Evreux. Vous vouliez voir l’Empire romain, nous avons le site archéologique de Gisacom, ses thermes et vestiges gallo-romains, sans parler de nos remparts, eux-aussi gallo-romains en centre ville où se situe aussi notre théâtre à l’italienne. Vous vouliez voir Venise ? On peut vous offrir presque l’illusion avec tous les bras de l’Iton dans notre cité, sans les gondoliers, en revanche ».

Comme quoi la ville aux « Cent ponts » ne manque pas non plus d’un certain charme. L’occasion d’ouvrir une page de son album aux souvenirs locaux, au temps où la base aérienne aux portes d’Evreux était encore sous pavillon américain. Et la date du 24 janvier 1964, où le frère du président tué à Dallas, JFK, Robert Kennedy, lui même assassiné plus tard, connut pareil désagrément alors qu’il était ministre de la Justice, dans son avion qui, en provenance de l’Indonésie, pour des raisons météo, passa quelques heures forcées dans la ville normande avant de redécoller pour les States. Il en profita alors pour visiter la cathédrale, boire un verre de vin rouge dans un café du centre et acheter dans un commerce local une…vingtaine de bérets basques. Quelques témoins s’en souviennent encore très probablement !

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