Des sons et « des lumières qui ne s’éteignent jamais »

« En France, les lumières ne s’éteignent jamais » Comment ne pas retenir cette phrase du chef de l’Etat, hier soir, à quelques minutes du couvre-feu, dans la cour d’honneur de La Sorbonne. Pour un hommage solennel à l’enseignant tombé sous les coups de couteau d’un fou furieux , un terroriste islamiste de 18 ans. Des sons et des lumières et quelles lumières dans le temple du savoir et de la connaissance fort bien choisi pour cette douloureuse circonstance. Huit siècles d’histoire qui résonnent encore à nos oreilles. Depuis La création d’un collège en l’an 1253 par Robert de Sorbon, châtelain et confesseur du roi Saint-Louis (celui qui rendait la justice sous un chêne et qui disparut pendant une croisade) jusqu’à plus récemment…en mai 68 où cet établissement prestigieux fut l’un des temples de la révolution étudiante.

Il ne pouvait pas y être rendu un plus bel hommage digne, mêlant aussi collégiens lycéens et enseignants. Avec au passage la lecture d’une lettre d’Albert Camus à son instituteur. Un intense moment d’émotion. Comme ces musiques si bien sélectionnées. Et pour conclure un président de la République d’une grande sobriété aussi dans la longueur du propos. Des mots forts empreints d’une grande humanité. Sans emphase. Un ton fort bien choisi pour illustrer la disparition d’un homme « victime de la bêtise et de la haine de l’autre, devenu vendredi le visage de la République et un professeur que l’on ne pouvait pas oublier». Comment ne pas effectuer un parallèle avec le héros de la gendarmerie le colonel Arnaud Beltrame, lui aussi victime de l’obscurantisme religieux et de sa bravoure sur le parking d’un supermarché dans l’Aude, près de Carcassonne, deux ans plu tôt.

A cet instant précis et même depuis l’annonce de cet assassinat barbare digne du Moyen-Âge, combien d’entre-nous n’ont-ils pas, jeunes et même beaucoup moins jeunes…rajeuni en se remémorant quelques pages glorieuses ou pas de leur scolarité avec quelques uns de leurs enseignants qui leur ont laissé un souvenir marquant. Jamais effacé, malgré le temps qui passe. Pour le meilleur comme personnellement pour ce prof d’histoire-géo, au lycée à Cherbourg, M. Chausse, un enseignant qui savait vous faire partager sa passion pour ses cartes et l’Histoire et un autre, toujours dans cette même ville, un « vieux gars » en fin de carrière, un prof d’anglais nommé non pas Mister Bean ( hélas!) mais Desmares et forcément surnommé par des générations perdues pour la langue de Shakespeare…Zou! Il y a prescription! Elle ne concerne pas malheureusement les deux collégiens de Conflans-Sainte-Honorine qui pour quelques centaines d’euros, ont « vendu » à l’assassin le « faciès » de la future victime. Ils risquent aujourd’hui vingt ans de réclusion…pour complicité d’assassinat terroriste. Une vie ruinée pour 350 euros! Et une conscience à jamais dévastée pour ces deux ados de 14 et 15 ans. Un appât de gain mortel pour la victime tombée dans un complot aussi d’adultes!

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