Il est tellement facile de se payer de mots ! Voire même aussi de se taire…

Les jours se suivent et se ressemblent hélas depuis la fin de la semaine dernière. Qui depuis n’a pas regardé des dizaines de fois avec un effroi certain toutes ces images défiler et ces cartes où l’on voit, heure par heure, le monstre incendie avancer. Celui de ce feu implacable dévorant des milliers d’hectares principalement en Gironde et pas seulement dans la presqu’île « aisée » du Cap-Ferret. Détruisant un coin de paradis transformé au fil des jours en enfer et contraignant à l’exode plus de 230.000 habitants de la région et estivants pris au piège. C’est bien la première fois en France que l’on a dû évacuer, non pas seulement des campings et des hameaux, mais bien des communes de plus de 10.000 habitants. Du jamais vu ou presque et qui aujourd’hui peut parier sur la certitude de voir la 9 e métropole de notre territoire, Bordeaux, se trouver définitivement à l’abri ?

Combien pouvons-nous dans une société que l’on dit à juste raison être déchirée et souvent résignée, ne pas être marqués par l’esprit d’entraide et de solidarité par ce travail en commun réalisé avec tant de dévouement par nos soldats du feu, soutenus par tous ces civils des villages meurtris. Par tous ces agriculteurs, policiers, gendarmes et tous ceux qui donnent une main salutaire aux secours.

La parole, depuis le démarrage de ce drame, se fait rare chez les écolos. Que l’on n’entend guère alors que ce devrait être leur rôle d’associer leurs remerciements à l’ensemble des collectivités pour tenter de sauver un environnement sinistré. Elles sont où les « icônes » politiques de la cause « verte » les Marine Tondelier et autre Sandrine Rousseau ? Aphones ou déjà en vacances dans des régions autres que celles du bassin d’Arcachon pourtant tellement apprécié par d’autres stars !

Le président de la République se trouve en revanche mis au banc des accusés lorsqu’il effectue le déplacement hier jusqu’à Bordeaux. Les mêmes lui auraient reproché de ne pas y aller pour se faire l’écho de la solidarité de la nation. Non pas pour gêner la bonne marche des secours sur le terrain, mais pour dialoguer et remercier les personnels placés devant une situation totalement inédite. Une prise de parole forcément considérée par certains journalistes comme une « séquence de parole inutile montrant bien l’impuissance des politiques et surtout la sienne devant une « telle impéritie ». Comme ce commentateur journaliste-philosophe, de CNews, qui depuis les studios parisiens se paye de mots « pendant que d’autres paient de leur vie, méthode Coué, manque de mesures concrètes, aucune proposition. Que dalle. Il se délecte à se payer lui aussi de mots. Faciles. Trop faciles même s’il est évident qu’il ne faut pas nier l’insuffisance des moyens de l’Etat face à une catastrophe que nous ne sommes pas les seuls sur le globe à tenter de maîtriser au mieux. Ou plutôt au pire à entendre seriner à longueur de journée ces oiseaux de malheur, parfois certes à bon escient car tout ne tourne pas très rond à la tête des « affaires du pays ». Et le manque d’argent n’explique pas tout. Mais dans ce contexte dramatique, il n’est jamais totalement mauvais que quelques paroles positives « appelant à l’unité pour gagner la bataille du feu « s’élèvent. Voire même ces sourires esquissés par ceux qui entouraient le chef de l’Etat au SDIS de la capitale girondine après que l’un des pompiers ait buté sur le mot savant et latin d’un nuage et se soit vu secouru par le locataire de l’Elysée. Un petit moment de détente jamais de trop dans ce contexte si pesant…

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