Les « sans grade et anonymes » y croient tout de même à l’Elysée !

Ils n’ont pas la moindre notoriété, si ce n’est bien sûr celle auprès de leurs proches. Qui ne savent peut-être même pas qu’ils ont des ambitions élyséennes ! Il existe pourtant encore à ce jour quelques candidats totalement inconnus, issus de la société civile, désireux de se lancer dans l’aventure. Sans déjà avoir la chance de passer la première haie: moindre celle d’obtenir les cinq cents signatures obligatoires de maires sur l’ensemble du territoire. La chasse est ouverte. Impitoyable. Et l’on connait pas avance le résultat ! Un véritable Everest impossible à grimper. Ils seraient une petite dizaine à l’heure actuelle à tenter de se faire connaître. Leur leitmotiv le plus souvent: « les gens en ont marre des mauvais résultats, des mêmes personnes appartenant à ce qu’ils considèrent la même caste« .

Leur jugement sur les professionnels n’est guère flatteur. Le représentant défendant le maillot de « Trajectoire 2027 », un mouvement m’apparaissant comme très confidentiel et que je connaissais pas jusqu’alors, Malono Mlekluz, passé par le Parti socialiste, puis la France insoumise avant de participer à la Convention citoyenne pour le climat, revendique son rejet total de la professionnalisation de la politique. « Les décisions, déclare-t-il, doivent partir du peuple et ensuite nos idées discutées ensemble« . Tous, plus ou moins, souhaitent remettre les citoyens ne « au centre de la décision politique » et veulent massivement avoir recours aux référendums avec la possibilité d’en organiser plusieurs par mois grâce au vote numérique. C’est beau de se croire dans le monde de l’utopie.

Tel est l’avis d’un autre concurrent, Jean-François Legendre, dont l’équipe de campagne a contacté 140 maires: un seul pour l’instant lui a promis son engagement. Un score pas très encourageant mais il peut se dire, comme ses petites camarades, qu’il a encore du temps devant lui. Une vingtaine d’élus seraient ouverts à sa démarche. Manolo lui a décidé de prendre la route. Il sillonne notre pays à bord d’un camion et il assure avoir déjà rencontré plus d’une centaine d’élus et convaincu une trentaine d’entre eux ! Un autre, probablement plus sportif, a choisi lui le vélo pour parcourir la France. C’est sa Grande boucle à lui. Même s’il n’est pas sûr d’embrasser tous les soirs sur le podium la miss et se faire aider à enfiler un maillot distinctif. Et ses primes ne risquent pas d’atteindre celles de nos champions. Déjà obtenir une petite signature équivaudrait à un exploit tel que celui de monter le Tourmalet, le Galibier ou l’Alpe-d’Huez. Courage les gars et les filles…de l’impossible challenge.

Déjà candidate à la candidature en 2022, une certaine Clara Egger, défend elle le référendum d’initiative citoyenne, le fameux RIC, dont on a beaucoup entendu parler pendant la crise des Gilets jaunes. Pas sûr qu’elle décroche pour autant le maillot de la même couleur, si symbolique, à l’issue de son tour de France. Elle reconnaît repartir avec une organisation plus structurée que la fois précédente. Son territoire de chasse: les maires des petites communes, comme tant d’autres, sans étiquette politique, même si elle reconnaît que ses chances d’atteindre les 500 parrainages, se révèlent très limitées. « Ces élus ont souvent peur des répercussions auprès de leurs concitoyens de ce parrainage ». Mais ça ne la décourage pas pour autant. Vogue la galère pour tous ces candidats se rêvant frapper à la porte de l’Elysée ! Son locataire avant de prendre une…pré-retraite bien méritée, pourrait presque faire l’effort de les accueillir pour une petite visite de l’ancien hôtel d’Evreux, vieux de trois siècles !

PS: Ca va mal entre le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, David Lisnard et l’un de ses adversaires déclarés à la présidentielle, Gabriel Attal, qui, tous deux, contrairement aux anonymes dont je parlais précédemment, n’éprouveront pas en revanche la moindre difficulté à recueillir les 500 signatures ! Le premier a accusé le second de plagiat de la large réforme constitutionnelle avancée il y a quelques jours dans les colonnes du « Figaro » par l’ex-Premier ministre. Une chamaillerie qui en dit long sur l’état déplorable des relations au sein même de la famille des libéraux ! N’est-il pas plus important de savoir qui, le cas échéant, serait capable d’avoir assez de crédit et le courage politique, pour la mettre vraiment en oeuvre. C’est bien beau les promesses d’avant-élection !

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