On ne s’y attendait pas spécialement ! Il se passe décidément toujours quelque chose en politique à Evreux ! La preuve avec l’annonce, hier mardi, du Tribunal administratif de Rouen en relation avec le recours de la liste arrivée en seconde position aux municipales dans la ville chef lieu de l’Eure! La tête de liste, Samuel Brigantino, avait en effet déposé une requête en suspicion d’irrégularités lors du second tour de l’échéance électorale de mars dernier qui l’avait vu échouer à 30,65 % des suffrages contre 34,50 à la liste du candidat sortant, Guy Lefrand, réélu maire quelques jours plus tard. Soit un écart de 520 voix entre les deux candidats.
Il ressort bien, selon la rapporteur de la juridiction administrative rouennaise, que des « anomalies de scrutin » ont été décelées pendant le vote au cours duquel notamment la présidente d’un des bureaux scrutateurs de la ville, de façon certes momentanée, mais néanmoins bien réelle et attestée s’est « échappée » du bureau avec une centaine de bulletins ! Avant de retrouver quelques minutes plus tard et de façon miraculeuse (nous ne sommes pourtant pas à Lourdes ) leur place dans l’urne ! Un bien curieux déplacement, convenons-en ! L’esprit saint devait passer par là. Toujours est-il que la juge n’a pas trop goûté ce tour de passe-passe tout de même inédit! Et a donc posé ses conclusions allant dans le sens d’un…recours à un nouveau scrutin et l’obligation pour les électeurs et électrices ébroïciens de repasser par les urnes. Ce jugement a été mis en délibéré en date du 8 octobre. Ce n’est donc qu’à cette date que l’on saura si un autre match électoral est engagé. Il semble bien d’après ces conclusions, qui ne sont pas encore condamnation qu’il existe de fortes probabilités à un retour dans les bureaux de votes !
Les différentes parties prenantes ont évidemment pris acte de ce coup de théâtre. Le premier magistrat de la capitale de l’Eure se dit confiant en la justice. « Nous respecterons naturellement sa décision. Nous n’avons aucune raison de redouter l’examen des faits et les éléments de la vérité ». Cela n’empêche pas toutefois l’édile ébroïcien d’évoquer ce qu’il considère comme « une cabale politique » et de pointer de son doigt accusateur son principal opposant, Samuel Brigantino, auteur de ce recours « destiné à mettre en cause un résultat démocratique qu’il n’accepte pas « . Le maire de déplorer au passage que « le débat politique se poursuive sur le terrain judiciaire ». Il va sans dire que son adversaire a une version toute différente de la parole de l’édile. Il ne pouvait bien sûr que se féliciter, lui et ses amis, d’une possible troisième mi-temps électorale. Ce qui n’est pas encore acté. Ces derniers jours auront donc été forts pour les deux hommes, même si peu similaires en importance, le premier, Guy Lefrand, privé de son permis de conduire pour une période de quatre mois pour conduite en excès de grande vitesse en agglomération au guidon de sa moto puisque contrôlé à près de 100 kilomètres/heure (une condamnation qui ne le…conduira pas à être interdit toutefois de se représenter à nouveau devant ses électeurs et électrices ! Et le second en proie à des difficultés d’ordre professionnel puisque l’une des ses sociétés a été placée en liquidation judiciaire. Il avait surtout depuis ce placement le coeur à l’ouvrage pour sauver un maximum d’emplois sur le site d’Evreux. Ce qui est bien naturel. Ces nuages en dépit de leur lourdeur ne l’empêcheront pas néanmoins, en toute combativité, de retourner au combat , le cas échéant…Il ne faut pas mélanger les genres. Encore que certains n’hésiteront pas à s’emparer, pour des raisons électorales, des malheurs d’autrui !
Dernière heure: autre décision judiciaire concernant un autre élu de l’Eure. En l’occurrence le député de la 4 e circonscription, Philippe Brun, interdit de concourir lors de la primaire socialiste après son exclusion par son parti. Le référé qu’il avait déposé devant le tribunal s’est conclu ce mercredi matin par une fin de non recevoir définitive ( ? ) pour son engagement à cette primaire. Des éléments nouveaux (parus ce jour dans le « Canard enchaîné) semblent pointer du doigt une fausse saisine de la direction du PS qui deviendrait non plus une « affaire Philippe Brun » mais une « affaire Olivier Faure ». Il s’agit d’un « coup monté » à encore réagi le parlementaire de l’Eure plus combatif que jamais en cette fin de matinée ! Il a décidé de faire appel…