Quand les chimères et comètes de l’impossible font bon ménage !

C’est peu dire que les mobilisations tournant trop souvent au chaos dans les rues de nos principales rues (si l’on excepte globalement celle de samedi) installent un scénario, sans nul autre pareil, depuis des décennies, un futur duel RN-LFI. Et ce au grand dam et désespoir du bloc central dont les candidats, semaine après semaine, « prennent le bouillon ». Tout au moins dans les enquêtes d’opinions.

Ce devait être un lancement grandiose et tellement optimiste de campagne ce dernier week-end à Orléans, place forte assiégée massivement par la gauche, de la Jeanne d’arc du XXI e siècle, boutant non plus les Anglais, mais plutôt d’autres étrangers venus du sud et ne parlant pas la langue de Shakespeare qui, est vrai, n’était pas encore né à l’époque des cotes de mailles, des armures et de l’huile bouillante, déversée sur les assaillants.

Dans une ambiance de boîte de nuit comme les aime, lors de ses grands événements à caractère festif avec une foule d’élus et de sympathisants se déhanchant avant les prises de parole, Marine Le Pen espérait bien ne pas être rattrapée par une certaine tension au sein même de la salle du COMET de la préfecture du Loiret. Avec comme invitée une comète inattendue: un groupe d’étudiants de l’Union juive de France, venu perturber la déclaration de Jordan Bardella. Les activistes ont été vite refoulés à l’extérieur par le service d’ordre du RN. Avant que le président du parti ne lance une Marseillaise de façon à détourner cet instant d’agitation et quelques minutes plus tard, ne passe le relais à la candidate pour dérouler son programme ou plutôt tout le champ du lexique de son optimisme autour de mots clés tels que « confiance, espérance, conquête, courage, épopée, progrès, renaissance ». Ses propositions ne furent qu’une suite de mots, effleurés, histoire de rassurer son auditoire, quitte un peu à l’endormir !

On retiendra quand même son objectif de s’adresser à la fois aux gens de gauche et de droite et son souhait de les unir et de leur tendre la main pour constituer un gouvernement d’union nationale. Sous le commandement de son futur Premier ministre, nommé Jordan Bardella. Un objectif difficilement atteignable chacun en conviendra ! Du rêve, du rêve en voilà ! Qui peut imaginer une telle issue alors qu’une grosse partie de la gauche a pour ambition de davantage lui pourrir la vie et que la droite, si l’on excepte son allié docile, Éric Ciotti, et ses troupes rangées sous la bannière nationaliste, ne la rejoindra pas au niveau au moins de ses « chapeaux à plumes » ! Chimère, chimère…avec celle qui jure qu’elle n’est ni « l’aile gauche ni l’aile droite, mais juste l’oiseau » Peut-être pour…voler au dessus du parlement européen avec ses attachés parlementaires transformés en oisillons qui « nasillent » du bec…

Il lui faudra aussi un autre argumentaire que cette incantation à voix haute du domaine de l’impossible pour alimenter également son crédit auprès d’électeurs et élus peu enclins à la suivre sur ce chemin ! Chargé de tant d’écume sur ses bords…Il lui faudra aussi se servir d’autres arguments pour convaincre de sa proposition sur l’éducation passant par le retour du vouvoiement entre enseignants et élèves et une tenue unique pour ces derniers. Balivernes et fausses promesses de circonstance. Elle ne voudrait tout de même pas s’essayer à son tour à nous proposer du « en même temps » tellement improbable dans sa bouche ! Il y en a qui ont essayé mais ils n’y sont pas parvenus…Certes elle pourrait comporter quelques points positifs mais il ne peut s’agir d’une priorité absolue en cette période de grande agitation scolaire…Cet après-midi ce sera au tour du Premier ministre, Sébastien Lecornu, de sortir ses tours de magie pour tenter de recoudre les morceaux déchirés en recevant des délégations de lycéens pendant que, dans le même temps, ou presque, le chef de l’Etat ne se déplace une énième fois à Marseille pour parler sécurité et contexte économique dans la cité phocéenne aux côtés de son maire, Benoit Payan…qui s’était pourtant payé sa tête et celle de son gouvernement il y a tout juste une semaine ! Le vieux port n’était donc plus bouché par ses sardines et surtout ses arêtes ! Pour autant la bouillabaisse n’est pas forcément bien passée…

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