Un safari mortel…pour nos deux héros!

Une décision courageuse pour une issue incertaine et périlleuse. Disons-le tout net: la main du chef de l’Etat n’a pas tremblé, lorsqu’il s’est agi de donner l’ordre de l’assaut pour sauver nos deux ressortissants, pris en otages par des terroristes islamistes au Bénin. Il y avait urgence avant que les ravisseurs ne gagnent le Mali et que l’opération devienne quasiment impossible. Et ne s’enlise pendant des mois dans les sables du désert. Un message fort et clair à l’adresse de toutes ces bandes armées, qui, depuis des années, dans le Sahel et ailleurs dans le monde, rançonnent les états démocratiques. Trop souvent impuissants et à la main tremblante, préférant faire marcher les planches à billets et les valises. En toute discrétion si possible.

Faut-il se rappeler le syndrome de l’attaque de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, le 5 mai 1988, entre les deux tours de la présidentielle opposant François Mitterrand et son Premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac. Avec au final un bilan sanglant pour la prise d’otages de nos gendarmes: deux militaires et dix-sept indépendantistes kanaks tués! Rares, depuis ces événements tragiques, ont été les chefs d’Etat ou de gouvernement, à faire preuve de cette même détermination.

Au Burkina-Faso, nos deux commandos d’élite sont montés à l’assaut au plus près sans faire feu pour ne pas risquer la vie des deux touristes français. Au prix de donner leur vie pour la France. Avec l’issue fatale que l’on connait, même si la mission difficile, voire impossible, a été couronnée de succès avec la libération de quatre otages.

Aussi peut-on espérer, cet après-midi, que le président Macron saura faire preuve d’une extrême retenue au moment d’accueillir avec Florence Marly et Jean-Yves Le Drian (au ton très juste hier) sur le tarmac de Villacoublay, le retour des ces deux touristes… imprudents et inconséquents, partis en safari dans une zone pourtant fortement déconseillée. Ce qui n’est pas une première, hélas!

Les images de ce retour ne pourront pas être aussi belles, de toute évidence, que celles émouvantes d’Ingrid Betancourt (même si des zones d’ombre sont apparues depuis) et de nos journalistes prisonniers dans les geôles de leurs tortionnaires pendant des mois et des années. Dans le cas présent, la France et les familles de nos deux héros ont perdu leurs deux enfants, alors que ce drame aurait pu être évité. La France en deuil ne mérite pas une trop grande exposition médiatique de ce retour. Ce serait dommage que le chef de l’Etat ne gâche au final sa décision d’intervention, répétons-le, courageuse…

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