Une vieille maîtresse indémodable et tellement jouissive!

Une vieille maîtresse de près de cinquante ans. L’âge des noces d’or. Mais une liaison d’un genre particulier et limitée, si l’on peut dire, au mois de juillet. Celui du Tour de France. L’or…ca rime avec Poulidor, le limousin toujours privé du jersey jaune, l’idole de mon enfance. Un comble pour un normand au pays d’Anquetil!

Les très lointains souvenirs de la jeunesse insouciante, les vacances à la plage, le transistor à l’oreille parfois et la construction des circuits de sable avec les petits coureurs. De quoi bien faire rire les jeunes générations d’aujourd’hui!

Ces quelques lignes, je l’avoue, sont pour une fois, beaucoup plus personnelles. Elles témoignent d’une longue passion amoureuse mais platonique pour la « Grande boucle » et ses « Forçats de la route ». Ses cols mythiques, ses épopées sportives héroïques, ses drames, ses coups de pompe et malchances en tous genres (on en revient toujours à « Poupou ») ses scandales de dopage, hélas, les envolées de l’écrivain-journaliste Antoine Blondin. Et puis en premier lieu, peut-être, ses paysages. Un vrai livre de cartes postales et les meilleurs cours de géographie et d’histoire que l’on puisse connaître.

Imaginez cette année cette parade colorée du plat pays belge aux Champs Elysées, avec des passages remarqués dans la morne plaine de Waterloo, où Cambronne, le dernier des vieux grognards de Napoléon sur ce champ de défaite restée l’une des plus historiques , a toujours démenti être l’auteur d’un fameux gros mot. Merde alors! Que dire encore de la forteresse d’un ancien kayser en Alsace, le Haut-Koenigsbourg, la saline royale d’Arc-en-Senans, le temple du sel gemme dans le massif jurassien, le viaduc de Garabit, fruit d’un disciple avant l’heure de Gustave Eiffel, du côté de Sant-Flour, la cathédrale d’Albi, sur la route de laquelle mon Poupou, renversé par la moto d’un gendarme, perdit sur chute un tour jugé imperdable! C’était en 1968, deux mois après les événements. Sous les pavés, la plage et pas ceux du Nord du Paris-Roubaix. Sans oublier Vaisons-la-Romaine, meurtrie dans sa chair par des inondations dramatiques, La Chaise-Dieu et sa célèbre abbaye gothique, le col de l’Iseran, sommet du Tour cette année avec ses 2700 mètres d’altitude, où se disputera le souvenir Henri-Desgrange, le père du Tour de France et du maillot jaune (dont on célèbre cette année le centième anniversaire de sa création). Seule connotation politique, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, ne boudera pas son plaisir d’aller saluer les coureurs dans la dernière semaine de course. Il en avait été privé l’an passé pour cause d’affaire Benalla! Quatre mois plus tard, il ne voyait plus que du jaune fluo dans tous les carrefours et ailleurs dans notre » cher et si vieux pays », pour reprendre la vieille expression chère à l’un de ses illustres prédécesseurs, le général de Gaulle, sur le bord de la route à Colombey-les-deux-églises, avec son appareil photo. Le seul pour qui le peloton s’arrêta pour le saluer. Un moment d’histoire qui n’est pas prêt de se répéter…

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