Une sacrée prise de tête à l’horizon avec le calendrier électoral!

Certes, le calendrier électoral ne constitue pas une priorité absolue en ce temps de confinement et peut-être encore davantage ensuite avec la terrible hémorragie économique qui suivra, mais ce n’est pas néanmoins un sujet totalement occulté par le pouvoir. Qui consulte et phosphore pour la moins mauvaise solution. Une sacrée prise de tête. Et ce après l’organisation d’un premier tour du scrutin municipal qui, en fonction des villes, a tout de même fait déplacer en dépit des circonstances tout de même plus de 40 % des électeurs et électrices. Environ 30 des 35.000 villes et villages de France ont déjà élu leurs maires. Il ne reste donc plus que 5.000 communes mais qui au total représentent 80 % de la population nationale. S’il est certain que le scrutin ne pourra pas être organisé en juin, les probabilités pour octobre ne sont guère plus grandes. Ce qui induirait en voie de conséquence des élections jumelées avec les départementales et régionales en mars 2021.Trois scrutins pour le prix d’un dont la complexité d’organisation apparaîtra évidente (ce qui serait là aussi du jamais vu), avec à la clé l’annulation de facto du scrutin du premier tour.

De quoi rebattre sérieusement les cartes dans la majorité des villes où des listes ont été éliminées. Au Havre comme ailleurs. Il est probable que les têtes de liste modifieront et pas seulement à la marge leurs équipes. Sympa pour les nouveaux éliminés qui pendant plusieurs semaines ont « mouillé le maillot ». Pour se faire peut-être éjectés un an plus tard. Sans parler des sortants non repris (il y en a trois dans l’équipe municipale actuelle au Havre) qui passés chez l’adversaire battu éliminé dans les grandes largeurs vont normalement cohabiter avec leurs anciens amis pendant une très longue durée. Alors que dire à Evreux où une dissidence était née en cours de mandat pour arriver à la constitution d’une liste estampillée LaREM et Agir, dont plusieurs élus vont devoir cohabiter de longs mois avec le maire sortant, Guy Lefranc et ses colistiers de 2014, avec le résultat du 15 mars bien en tête! Pas facile. Ici comme ailleurs.

Et de tous les autres qui, pour des raisons diverses et variées, n’ont pas souhaité se représenter, mais qui se trouvent contraints de poursuivre leur mission. Avec plaisir et bonheur pour un certain nombre d’entre eux toutefois. Et encore pire pour les maires battus le 15 mars qui, avant que leurs successeurs ne puissent leur succéder là aussi, pas avant plusieurs semaines, doivent galérer et effectuer le « très sale boulot » d’intérimaire dans les plus mauvais moments.

Il y a toutes les chances que les plus anciens (élus une première fois en 2001 et il en reste encore pas mal) refassent comme à cette époque une année supplémentaire comme les sénateurs et sénatrices, mais pour des raisons toutes autres. L’attente risque d’être longue également pour ceux et celles qui espéraient « rentrer dans la carrière municipale » le mois dernier. Auront-ils le même élan et la même disponibilité l’année prochaine ? Sans oublier les équipes militantes, toutes ces petites mains tellement indispensables pour la victoire et sans qui rien ne serait possible ? Elles vont devoir ronger leur frein. Une situation d’autant plus difficile avec cette impossibilité physique de se retrouver. Heureusement que les réseaux fonctionnent pour maintenir ce lien.

Autre volet peut-être secondaire, mais qui ne l’est pas néanmoins totalement. Celui d’ordre financier. Qui va payer les frais d’une campagne arrêtée en plein vol et qui représentent dans les plus grandes métropoles régionales des dizaines de millions d’euros ? Sans parler que dans certaines villes, des futurs élus susceptibles d’être adjoints en cas de victoire ont dû donner leur écot pour « participer ». Il est fini le temps où les partis politiques finançaient ce genre de campagne. Et la générosité des plus « grands maires » trouve très vite ses limites! C’est tellement dérisoire, me direz-vous en en une telle période! Probablement.

Au moins ce report permettra au Parti du président de revoir sa copie, à la lecture des résultats du premier tour, certes difficile à lire, avec le taux de participation, et de songer entre autres à la présentation d’un troisième candidat ou candidate à Paris après la scandaleuse sortie de route d’Agnès Buzyn! L’actuel maire de Lyon, Gérard Collomb, en très grand danger électoral dans la métropole, pourrait être tenté de revenir dans la cité des Gaules, après la déroute de son candidat. Deux exemples parmi tant d’autres. Les partis du centre et de la droite, après leur division mortifère du I er tour, auraient peut-être intérêt à ne pas refaire les mêmes erreurs. Comme à Rouen, par exemple, où il est vrai que le candidat, Jean-Louis Louvel, a d’autres soucis avec un autre Grand corps malade, le quotidien régional « Paris-Normandie » à la dérive et proche de la liquidation judiciaire avec de nouvelles pertes abyssales en terme de diffusion et surtout de publicité (plus de 80 % en l’espace d’un mois).

On a bien connu trois maires au Havre en moins d’un an avec des circonstances différentes, il est vrai! Bien malin celui qui peut avancer un horizon certain avec cet épais brouillard que constitue aussi le maintien à Matignon, d’Edouard Philippe, le très gros de la crise passé. Il aura bien mérité de la patrie notre Premier ministre dans la tourmente sociale, sanitaire et économique depuis plus de deux ans. Réaliste, il sait très bien qu’on lui fera porter, quelle que soit l’issue de ce séisme sans précédent depuis plus d’un siècle, un chapeau de taille XXXL. Un sombrero qui pourrait l’inciter à regagner plus vite plus prévu le littoral et sa bonne ville. En quelque sorte une « Renaissance » fêtée come celle avec éclat pour les 500 ans de la cité créée par François I er! Des festivités qui paraissent si éloignées aujourd’hui!

Et c’est dans la position de maire sortant qu’il s’engagerait alors en mars prochain si ce calendrier possible reçoit le feu vert des juridictions compétentes et du pouvoir exécutif avec l’assentiment de tous les partis politiques. Cela ne nous rappelle-t-il pas la concorde politique d’il y a un mois pour le maintien absolu du premier tour? Ce qui n’avait pas empêché des ténors de l’opposition de faire preuve quelques jours plus tard d’une totale amnésie et irresponsabilité guerrière.

PS: un petit bonjour amical à un ancien élu…Jean-Louis Debré, qui m’a fait l’amitié de me lire hier dans mon délire viticole! Peut-être se souvenait-il qu’il avait été à l’origine, au début de ce…siècle, de la renaissance (certes modeste) de quelques plantations de vigne sur les coteaux de Saint-Michel à Evreux. Qu’est-il devenu ce vignoble normand ? Ses grappes et surtout son vin sont-ils à la hauteur? Je compte sur mes nombreux amis ébroïciens pour répondre à ma curiosité.

Joyeuses Pâques…et ce n’est pas un trait d’humour noir, à tous et à toutes.

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