Un panneau normand peut en cacher un autre!

Très actif sur le plan du noeud ferroviaire avec sa prise de position très ferme relative aux dysfonctionnements répétés de la SNCF dans sa région-il a en effet bloqué les paiements-le « Duc de Normandie » Hervé Morin, n’est pas du genre à regarder passer les trains, même en période estivale.

.Il s’intéresse aussi à l’identité rurale avec une paire de jumelles un peu particulière. Celle du passé de la langue made in Normandie, comme ses verts pâturages, ses produits laitiers, ses caramels durs ou mous…

« Qui a eu cette idée folle non pas d’inventer d’école » comme le chantait France-Gall, mais de poser des panneaux aux entrées et sorties d’un village en version originale sous-titrée normande. Comme nos voisins bretons des Côtes d’Armor, du Finistère et du Morbihan réunis.

A une échelle certes modeste encore. Heureusement d’ailleurs car ce particularisme est-il bien nécessaire dans la région normande, où ils ne sont semble-t-il que 30.000 à connaître des notions et plus si affinités pour des questions le plus souvent d’âge de la « langue » normande.

Un dialecte ou patois enseigné dans un seul collège sur les cinq départements et plus précisément à Coutances, sur la route de la Granville (un clin d’oeil à une fidèle lectrice originaire de cette charmante station mais havraise d’adoption!) dans le sud et Cherbourg-en-Cotentin, un berceau familial, dans le nord du département. Le…juste milieu géographique est-il toujours de bon aloi ?

De là à croire que Hervé Morin est un peu à l’ouest avec cette initiative saugrenue ?

En attendant, il a choisi l’est du département de Seine-Maritime pour y poser son premier panneau dans la commune de Bois-Héroult. Le premier village normand de l’ex Seine-Inférieure, à voir son identité être affichée à la fois en bon français de » ché nous autres » et en normand « Bô-Hérou » qui dans la langue peut-être connue de Maupassant et Flaubert aurait signifié que le bois du village appartenait jadis, à un certain « seigneur » du nom de Hérold. Le fruit des recherches d’un comité scientifique et culturel des parlers normands qui pendant six mois a planché sur le sujet avec une vingtaine d’historiens. C’est du sérieux, on ne laisse rien au hasard!

Voilà un terrain sur lequel on n’attendait pas forcément le président d’ores et déjà en campagne pour le renouvellement de son duché, bien à l’abri dans son Abbaye-sux-Dames, siège du conseil régional, à Caen.

A quand et à qui le prochain tour pour tomber dans le panneau ? Une quarantaine de villages auraient déjà fait acte de candidature. Une petite épidémie qui en principe ne devrait pas se transformer en dangereuse pandémie qui suscitera toutefois moins de polémique que la limitation de vitesse à 80 kilomètres/h sur nos routes. D’autres panneaux. Sinon une belle indifférence où un soupçon de moquerie.

Certes, il ne s’agit pas d’un lourd investissement mais quand même. Qu’il y-a-t-il de commun entre la Normandie, riche de son histoire, mais pas en première ligne de revendication « indépendantiste » et des régions très marquées par le régionalisme linguistique et pas seulement. Il ne faut pas confondre, pour noircir à dessein le trait, l’éventuel Front de libération de la Normandie, le FLNC corse, le FLB des années soixante-dix du côté de Brest et surtout un autre FLN de l’autre côté de la Méditerranée de sinistre mémoire pour la population « pied-noir » de l’ex-Algérie française!

Il ne me semble pas, par ailleurs, que l’utilisation de la langue normande soit si réclamée par les habitants du territoire, horsains ou pas.

Contrairement à nos amis bretons, basques et même catalans, surtout de l’autre côté de la frontière, fiers de leur langue, comme les Alsaciens. Une vraie langue.

Le ramoneur savoyard, longtemps sous l’emprise de l’étranger, n’a pas encore de villages à « double nationalité ». On ne tirera pas pour autant l’échelle.

Les atouts de notre région et il n’en manque pas, ne sont-ils pas suffisants ?

Ou ne s’agit-il que d’une seule campagne de communication à longue vue électorale ?

En attendant, la petite histoire ne nous dit pas si le vernissage des premiers panneaux s’est conclu dans la joie et la bonne humeur par un banquet gaulois avec un Panoramix à la sauce normande offrant un cidre local ou mieux encore un…trou normand. De circonstance. Potion magique.

Vive la République et vive Bois-Héroult.

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