Au fil de l’épée « sauvageonne » des mots et un buzz de très mauvais goût!

Un peu de distanciation sociale n’a pas été de trop ce matin dans l’un des salons de Matignon, où le maitre des lieux, Jean Castex, recevait les organisations d’élus pour parler « ensauvagement » et violences inacceptables dont sont victimes les représentants de la démocratie, en présence des frères pas forcément siamois du gouvernement, Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin. On en a fait hier des gorges chaudes sur cette distanciation sémantique entre Beauvau et la Chancellerie. Des mots, des mots après un coup de pétard du chasseur à l’encontre de son collègue du gouvernement qui n’hésite pas à parler d’ensauvagement de la société. Un terme que rejette le nouveau Garde des Sceaux.

Une partie de bras de fer au fil de l’épée qui pendant toute la journée de rentrée des classes a fait couler de la salive. Notamment au niveau des classes médiatiques et politiques trop heureuses de remettre une pièce dans ce jackpot de l’escalade verbale.

Des maux, toujours des maux aussi pour une société française que l’on dit gangrénée pour devenir un véritable coupe-gorge. La situation est certes grave avec une multiplication de faits de violences qui n’ont rien à voir avec le mot incivilités. Une question encore de mots. Exacerbés et qui ne font que faire le miel des extrêmes. Qui, jamais repus, s’en lèchent les babines.

Faut-il donner plus d’importance à ce premier échange tendu entre ces deux ministres n’ayant évidemment pas la même approche sur le sujet de la délinquance et forcément la justice, souvent à raison critiquée pour son laxisme. Souvenons-nous pour les plus anciens, des différences…d’accents (et pas seulement) entre Gaston Deferre et de Robert Badinter pendant le premier septennat de François Mitterrand et plus récemment entre Manuel Valls et Christiane Taubira, chiens et chats parmi les plus célèbres de ces duos souvent inflammables. L’eau et le feu, version « Starsky et Hutch » sans blouson ni voiture voyante. Ce qui n’empêche pas des sirènes hurlantes..

Le Premier ministre campe lui aussi sur sa position après ces échanges un peu virils entre les deux hommes, droits dans leurs bottes en dépit de cette piqûre de rappel. « Fermez le ban » dit-il aux deux protagonistes. « Le vrai sujet, ce sont les actes et non pas les mots que l’on emploie ». On ne saurait lui donner tort. Encore que le jeu collectif n’est jamais de trop pour parvenir à un meilleur résultat. Et que l’on ne prenne pas trop de gants, non pas pour se battre, mais pour bien utiliser les bons mots et les armes nécessaires. Pour tenter de résoudre un mal qui ne date pas de l’élection d’Emmanuel Macron.

Décidément sur tous les fronts, le ministre de l’Intérieur et patron des poulets a volé dans les plumes du « khmer vert » surnommé aussi le « vert sévère » Eric Piocelle.

Le maire de Grenoble dont le « melon » grossit encore plus (et c’est déjà là une belle performance) que celui de son « ami » et concurrent, Yanick Jadot, avec qui il va laver plus rouge que vert pour défendre les couleurs d’EELV aux présidentielles de 2022. Avec en ligne de mire une bien curieuse polémique sur une vidéo très guerrière tournée dans l’un des quartiers sensibles de la préfecture iséroise.

Armes factices pour le tournage d’un clip ou véritable scène gravissime d’association de malfaiteurs ? Toujours est-il que la patron de Beauvau avait aussi diligenté le déclenchement d’une vaste opération policière. On peut souhaiter quand même que Gérald Darmanin, normalement l’homme le mieux informé de France, s’était assuré qu’il s’agissait bien d’une nouvelle provocation scandaleuse.

Il serait aussi intéressant de savoir tout bêtement si un arrêté municipal avait été pris pour prévenir la population sans oublier la police du tournage de ces scènes de violence. Fictives ou pas! Rap ou pas…même si le « réalisateur » un ado de 16 ans, a reconnu devant une caméra complaisante avoir fait ce coup pour mieux se faire connaître artistiquement et lancer le buzz. Réussi hélas! Triste époque où néanmoins « on encore le droit de blasphémer » selon les mots justes du chef de l’Etat, mais là, il faisait référence à la tuerie de « Charlie-Hebdo » et du supermarché casher de Vincennes, il y a cinq ans et dont le procès est prévu pour durer à partir d’aujourd’hui plus d’une quarantaine de jours. Un record. N’oublions jamais. Que l’on soit Charlie ou pas.

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