Quatre mousquetaires et un sénateur élu mais néanmoins perdant!

Election pluvieuse mais plutôt très heureuse hier dimanche pour les sénateurs républicains et centristes de Seine-Maritime. La trop longue attente des grands électeurs pour aller voter à Rouen devrait néanmoins être probablement très vite oubliée. Enfin pas par tout le monde. Et en premier lieu pour les socialistes qui, dans la bagarre, ont perdu leur sénatrice sortante. Par la faute du vote vert qui donne un coup de main sympa à la tête de liste havraise, Agnès Canayer, qui, sur le même chemin, a pris en « auto-stop électoral » victorieux un quatrième mousquetaire, Patrick Chauvet, maire de Buchy. Le fruit aussi d’un inlassable et bon travail de terrain pour la d’Artagnan au féminin (qu’elle me pardonne cette comparaison toutefois flatteuse!) et ses troupes de fines lames. Un pour tous et tous pour… un quatuor gagnant en route pour Paris qui croisera donc le fer dans l’ambiance beaucoup plus feutrée de l’hémicycle du Palais de Luxembourg, où il siégera auprès du bon roi Larcher qui va rempiler pour un nouveau sacre.

Les socialistes peuvent eux en revanche « tirer la gueule » et ce d’autant plus que certains optimistes leur prêtaient la possibilité de chiper un siège à leurs chers amis communistes. Au final, ils en perdent un. Ce qui était inattendu alors que l’ancien parti à la rose avait planté de belles pousses en remportant de nouvelles mairies comme Bois-Guillaume et Montivilliers et surtout conservé la ville de Rouen convoitée par les écolos. Voilà qui ne va pas arranger les « bidons » de triste mémoire de Lubrizol, entre roses et verts en vue des prochaines tractations et élections futures de mars prochain. Même s’il n’a aucun élu, EELV tient en quelque sorte une petite revanche sur le PS après la déception rouennaise de juin dernier.

Reste pour notre ancienne Région de Haute-Normandie, l’Eure. Et l’heure des règlements de comptes probables à venir après l’échec cuisant (même s’il est élu) de Sébastien Lecornu, l’homme fort du département qui, dimanche soir, a connu son premier échec électoral. Est-ce bien une si grosse surprise ? Même si sur les ondes nationales, curieusement, il n’a été évoqué que son élection. Une vérité, certes mais qui en aucun cas, ne peut masquer l’importance de cette motion de défiance sur ses terres électorales conquises en moins de dix ans. Le jeune roi a vacillé sur son trône entraînant avec lui la défaite de ses colistiers républicains, la sénatrice sortante qui pourra néanmoins grâce au désistement du ministre, toujours siéger un « certain temps » au Sénat et poursuivre sa passion pour la…photo. Pas seulement bien sûr. La malheureuse, dont la présence sur le terrain n’est pas contestable , a dû évidemment prendre aussi à son compte cette campagne dans la mesure où son chef de file, avait tout de même aussi à s’occuper de son ministère. Quelle groupe rejoindra-t-elle? Celui de son ancien, républicain, conduit par le vendéen, Bruno Retailleau, qui ne va pas l’attendre avec un bouquets de roses où le parti du Président, avec sa tête le bourguignon, François Patriat, fidèle de la première heure du président Macron, beaucoup moins pléthorique ?

Tout porte à croire que Sébastien Lecornu a perdu aussi en chemin quelques voix pour sa participation gouvernementale. Il a néanmoins pris trop cher (moins de 30 % des suffrages!) pour limiter son lourd échec à sa conversion macroniste. Et ce d’autant qu’il portait aussi sur son porte-bagage son successeur au Département, Pascal Lehongre, un élu estimé de ses pairs. A priori un atout important pour une sénatoriale. Il n’en fut rien. Trois défaites personnelles, ça fait quand même beaucoup! L’addition est salée et les trois premiers de cordée vont en porter les stigmates.

Le forcing et l’amicale pression de Sébastien Lecornu auprès de ses collègues afin qu’ils effectuent le bon choix, en le soutenant, sous peine d’éventuelles représailles d’investitures a peut-être été improductif…au niveau de l’isoloir! Tout comme l’absolue nécessité pour des élus de droite, indécis mais pas insensibles aux qualités du centriste Hervé Maurey, de plutôt faire le bon choix féminin, plutôt Nicole que Kristina, pour assurer le troisième siège et donc la victoire, menacé qu’il était par « l’épouvantail » socialiste, Timour Veyri…surtout à Evreux, a peut-être déplacé quelques voix frileuses. Mais très largement insuffisantes. Le score de l’élu régional socialiste ébroïcien (306 voix contre 953 pour Hervé Maurey et seulement 589 pour l’ancien maire de Vernon) a dû de quoi laisser un goût amer au travers de la gorge de certains grands électeurs de droite « retournés » dans les derniers jours de campagne afin qu’ils évitent le pire. L’élection pour la première fois d’un élu socialiste dans ce département rural et conservateur. Une menace (de bonne guerre électorale) pas très sérieuse mais qui a pu en faire douter plus d’un.

Le maire d’Evreux, Guy Lefrand, a salué sobrement, dimanche soir, la «  »victoire de son ami Hervé Maurey » tout en évitant bien dans son message de citer les noms de ses « amis » républicains et du ministre, qui, c’est assez croustillant, n’avaient pas reçu (c’était logique pour le ministre des Outre-Mer) le soutien du président du Sénat. Gérard Larcher étant venu dans l’Eure pour supporter sans la moindre ambiguïté le futur vainqueur de cette sénatoriale.

Il en est un, du côté de l’Abbaye-aux-Dames, à Caen, qui n’a pas dû être trop meurtri du résultat du seul enjeu réel de ce scrutin: précisément le duel féminin pour l’élection de la sénatrice de nature à faire pencher la balance. D’un côté ou de l’autre.

Hervé Morin a probablement bu du petit lait en apprenant la défaite de son puissant voisin. Ou plutôt dégusté une belle bolée de cidre normand. Il peut attendre sans trop de fébrilité le nom de son challenger « En marche » pour les Régionales. Il n’est vraiment pas assuré que la ministre très sollicitée, Elisabeth Borne, soit partante pour aller vers ce qui pourrait être un véritable « casse-pipe »…monumental, même au pays de Guillaume le Conquérant. Certes la ministre de l’Emploi a un prénom royal, mais tout de même il y a des limites à ne pas franchir! Elisabeth la « Conquérante » ( a qui on on a aussi prêté des intentions très brèves de conquête aux municipales de Caen) éprouvera les pires difficultés à défendre, le cas échéant, haut les couleurs macronistes. C’est dommage qu’elle ne se prénomme pas Jeanne, encore que lorsqu’on tourne les images de notre histoire si riche, il en est une qui hélas a fini sur un bûcher à Rouen! Il va de soi qu’on ne lui souhaite pas pareil destin funeste. C’est juste pour rire…Qu’elle s’occupe en priorité et bien de sa charge ministérielle très lourde elle aussi.

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