Un coup de vent frondeur autour du bénitier!

Je ne suis pas un adepte des prières de rue. Surtout, je le reconnais, de celles du culte musulman lorsqu’elles sont provocatrices et envahissantes avec, en première ligne sur les tapis, des religieux radicaux. Ce qui est arrivé dans plusieurs grandes villes, notamment à Paris et Marseille d’où les polémiques d’un passé proche. Mais de là à lancer la même controverse ce dimanche, jour du Seigneur, pour les croyants pratiquants ayant osé braver l’interdit pour rentrer en prières non loin du château de Versailles, dépasse, par la « pseudo tempête » provoquée, l’entendement même d’un non pratiquant. Un « black sunday » tendance « catho-bobo » ajouteront les plus malicieux!

Certes, il ne s’agit pas d’encourager, voire pire même de bénir une distorsion par rapport aux interdictions lancées par le gouvernement pour tout rassemblement contraire aux bonnes mœurs courantes du confinement mais le « crime » affreux ne légitime pas néanmoins l’enfer pour le millier de personnes rassemblées sur une place de la très bourgeoise ville royale de Versailles. Même vent de désobéissance (nous sommes tout de même éloignés d’une forte déferlante) dans des villes comme Nantes, Bordeaux, Rennes et Nice où les croyants-manifestants, loin d’être pour une majorité d’entre eux des affreux intégristes, ont scandé « On veut notre messe ». Il faut savoir raison garder. Tous les catholiques de France qui souffrent aussi de l’absence de leur office dominical, ne se sont pas lancés non plus dans cet élan de fronde. Ils n’étaient qu’une infime minorité. D’ailleurs les avis sont très partagés au sein même de la communauté sur le bien-fondé de ces manifestations devant les églises.

Il est probable en revanche que le préfet des Yvelines, entre autres, va exceptionnellement entendre le son des cloches de son évêché en l’occurrence Beauvau. De quoi avoir le bourdon dans les oreilles ? Et de passer à confesse ? On imagine mal tout de même qu’il n’ait pas informé son « père confesseur », Gérald Darmanin, de son initiative d’autoriser ce regroupement familial religieux transformé en office en plein air, un dimanche de novembre bien tristounet. Très venteux et pluvieux.

Si l’illustre et ancien évêque d’Evreux (que de souvenirs professionnels et notamment celui d’une manifestation monstre de plus de 10.000 personnes en soutien à Mgr Jacques Gaillot) avait été invité à rejoindre le fictif diocèse de Parténia, le « prélat laïc » des Yvelines risque lui une « excommunication-promotion » dans un diocèse beaucoup moins hospitalier ! A moins bien sûr que le ministre de l’Intérieur ne couvre le zèle peut-être maladroit de son subordonné. Peu probable. On ne peut pas non plus exclure un jeu de rôles très politique.

« Il y a deux poids deux mesures » agitent déjà non sans arrière-pensée les plus violents des nouveaux inquisiteurs de l’an COVID.

Bon courage au ministre pour proposer une version latine compréhensible. Notamment avec ses interlocuteurs du jour: les représentants de l’Episcopat qui vont le rencontrer afin d’essayer de le convaincre d’autoriser le retour des messes. Et on peut parier hélas sur la probabilité que d’autres cultes risquent de surenchérir « pourquoi pas nous , alors que les catholiques ont été autorisés à se rassembler et n’ont pas été dispersés ». Il n’aurait plus manqué que ça au tableau avec des fidèles pourchassés, voire brutalisés par les forces de l’ordre. Ça aurait peut-être pu rajeunir certains d’entre eux présents aux premiers rangs lors des manifestations contre le « Mariage pour tous » du temps de François Hollande. Il ne faut tout de même pas tout confondre…

Allez, dans ma profonde miséricorde, j’absous tous les…pécheurs du dimanche. Encore faut-il qu’ils ne poussent pas trop loin le…bouchon! Ils pourront toujours prier en semaine dans leur paroisse en attendant une bénédiction plus clémente des autorités. N’oublions pas, même si ça n’a rien à voir, le drame récent subi par la communauté catholique de Nice et de la France « fille aînée de l’Eglise » depuis le roi Clovis. Ça peut justifier cette entorse qui n’a rien tout de même d’être blasphématoire… »Ite missa es » une vieille expression datant du Moyen-Age utilisée pour clore une messe, dans les temps jadis. Il va falloir en trouver une autre car pour le moment il n’est pas question de clôture mais bien de réouverture…La liberté de culte n’est pas en danger. n’en déplaise aux plus réfractaires aux mesures de sauvegarde sanitaire engagées. Seulement perturbée…pour un temps encore indéfini. Il y a pire souffrance…

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