Un prêté pour un rendu ?

Les observateurs de la vie politique sont vraiment de grands taquins! Si l’absence du « Duc de Normandie », Hervé Morin, vendredi dernier au Havre, où son maire recevait son successeur à Matignon, Jean Castex, avait suscité des commentaires pas spécialement aimables à l’égard de l’absent, ce dernier ayant préféré un déplacement à Cherbourg ce même jour, la présence le lendemain d’Edouard Philippe à Caudebec-lès-Elbeuf, a donné lieu aussi à quelques interrogations « amusées ». Ou pas! On connaît certes l’appétence de l’ancien Premier ministre pour les dossiers culturels, une chasse gardée au passage pour l’édile havrais. C’est tout juste s’il a besoin d’un élu, en l’occurrence une adjointe, pas spécialement gâtée en plus par les circonstances, crise sanitaire oblige depuis des mois, pour faire tourner une vie culturelle qui lui est chère, hélas au ralenti, comme ailleurs.

Toujours est-il qu’il se trouvait en bonne place, un pur hasard, avec son ami et voisin de l’Eure, Sébastien Lecornu (au titre de président de l’EPN (Etablissement public foncier de Normandie) qui entre deux voyages sur ses territoires d’outre-mer, a consacré un peu de son temps précieux comme son ancien patron au gouvernement pour officiellement lancer l’initiative d’une première en Normandie: la création d’une école des Arts graphiques, lovée dans une friche industrielle auparavant consacrée au tissage.

Histoire peut-être de tisser aussi des liens avec le maire, Laurent Bonnaterre (anciennement socialiste) de cette ville de l’agglomération d’Elbeuf, pressenti, bizarrement, pour devenir la tête de cordée LaREM, en Seine-Maritime aux élections régionales. Membre du mouvement « Territoires et Progrès » apparenté à l’aile gauche macroniste, à l’Assemblée nationale, Laurent Bonnaterre, s’est évidemment félicité de cette double présence honorifique sans sa ville, en soulignant notamment son « amitié et concordance politique avec Edouard Philippe ».

Probablement beaucoup moins avec le président Hervé Morin et les élus républicains et centristes qui doivent s’interroger sur l’attitude future de leur ex-ami politique Edouard Philippe à quelques semaines du début réel des…hostilités électorales. C’est toujours le plus grand flou (y aurait-il un loup ?) sur la nature de soutien du maire du Havre à l’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy.

Le silence est d’or du côté de l’hôtel de ville du Havre. Surtout à l’étage de son premier magistrat! Peu de personnes doivent être dans la confidence. « Doudou » sait se montrer très « taiseux »…

Il n’y avait pas en revanche hier de silence dans les travées du Sénat et de l’Assemblée Nationale, où les trois parlementaires havrais ont fait le grand chelem et se sont exprimés à quelques minutes d’intervalle. L’une au Palais du Luxembourg, Agnès Canayer, qui y a évoqué l’échéance des élections territoriales de juin et du maintien des urnes électroniques à ce scrutin au Havre comme dans d’autres villes. L’autre Agnès (Firmin-le-Bodo) très présente médiatiquement depuis plus de six mois pour être régulièrement l’invitée des directs de toutes les chaînes de télévision, a évoqué un sujet qu’elle connaît sur le bout des ongles: la stratégie vaccinale.

Son collègue communiste, Jean-Paul Lecoq, s’est lui exprimé sur le volet très sérieux aussi de la prolifération nucléaire à travers le monde et des traités s’y afférant. Une vraie bombe de couleurs Monsieur le député qui outre sa traditionnelle cravate rouge dont il ne sépare jamais même si elle d’un autre ton que celle de son proche voisin d’hémicycle, Jean-Luc Mélenchon, arborait également un magnifique masque vert pétant. Les mêmes couleurs que ses documents de campagne municipale en vert et rouge. Qui très probablement ne lui a pas laissé que de bons souvenirs, même si sa défaite face au Premier ministre de l’époque, n’a rien eu de déshonorante…Le vert se trouvait beaucoup moins prononcé que le rouge au second tour de cette élection après le « niet » des amis de Jean-Paul Lecoq d’accueillir le leader écolo sur leur liste.

A Evreux, où l’on est loin aussi de se désintéresser aux Régionales, un sujet prenant était aussi d’actualité hier avec l’examen par le tribunal administratif de Rouen des recours déposés par les deux opposants au maire, le socialiste Timour Veyri et le macroniste Guillaume Rouger, très confiants sur l’issue du dossier. En jeu la confirmation ou l’annulation du scrutin de juin dernier, remporté largement par le maire sortant L.R Guy Lefrand, avec 51 % des suffrages en dépit de cette triangulaire. Même si son challenger Timour Veyri parle d’un « système de financement de campagne grave et avéré » qu’il juge illégal, le maire d’Evreux reste tout aussi confiant, fort de l’écart avec ses adversaires. Mais pas forcément suffisant. Jugement d’ci à deux semaines. Ce qui n’empêchera pas la ou les parties battues de faire appel au Conseil d’Etat sans suspension de la décision de la juridiction de Rouen. Affaire à suivre…

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