Un match régional et électoral plié d’avance ? Et une pêche pas forcément miraculeuse…

Pour une prime au sortant, c’est une belle prime. Goûteuse pour un bilan jugé « satisfaisant » par les normands interrogés! Le « Duc de Normandie » pas pressé de lancer sa campagne, peut voir venir et attendre s’agiter ses diverses oppositions. Et ce en dépit pourtant d’un éparpillement façon puzzle pour la famille de droite et du centre, pour le moins très divisée. Ses challengers peuvent en effet faire la grimace à la lecture du sondage effectué par l’institut IFOP pour la Tribune et Europe 1, diffusé hier. Toujours est-il qu’avec une estimation de l’ordre de 31 % des suffrages au premier tour, Hervé Morin prend ses distances respectables avec Nicolas Bay (Rassemblement national) crédité de 26 %.

Un dernier score légèrement inférieur à celui obtenu par les deux listes Boulanger-Sanchez (PS-Verts) et Sébastien Jumel (PC) alors que Laurent Bonnaterre plafonne lui à un modeste 13 %. Un score sensiblement identique d’ailleurs que celui que l’on accorde à toutes les listes macronistes sur l’ensemble du territoire avec quelques variantes à un ou deux points près. Un sondage interne à LREM le créditerait même d’un faible 9 %! Auquel cas il n’aurait les yeux que pour pleurer sans la moindre possibilité de se qualifier pour le second tour.

Même si elles semblent à travers cette photographie instantanée pouvoir croire à une qualification à un second tour, les deux listes de gauche et celle de la majorité présidentielle ne feraient pas pour autant le poids et la victoire irait au « champion » sortant, même dans l’hypothèse d’une quadrangulaire puisque estimé à un score de 35 %. Ce qui signifie que Hervé Morin n’aurait pas besoin d’un éventuel renfort des électeurs et électrices de Laurent Bonnaterre, lui évitant ainsi un mariage de raison toujours délicat avec le leader de la liste conduite par l’ancien PS et directeur de cabinet de Laurent Fabius. Et surtout de sacrifier quelques places pour ses candidats du premier tour. Une situation toujours très mal perçue et parfois même mortifère.

Cette perspective qui n’est en rien toutefois le résultat final ne va pas inciter le maire du Havre, Edouard Philippe, à se « mouiller » plus que de raison en perspective d’horizons électoraux plus lointains et autrement plus importants, pour soutenir son nouvel « ami ». Son élan d’enthousiasme pourrait être assez limité dans les prochaines semaines. On comprend d’autant mieux sa discrétion depuis un mois sur le sujet. Ce n’est pas gagné, a priori, que l’ancien Premier ministre sorte du bois de Bléville ou de la forêt de Montgeon, les deux poumons verts sur les hauteurs de la cité de la Porte Océane. Ca ne va pas, qui plus est, encourager ceux et celles, les candidats principalement havrais, qui étaient pressentis pour aller au front avec la bénédiction du « patron » seul décideur des investitures pour sa bonne ville et même au-delà, à s’aventurer pour une cause perdue d’avance ? Le « casse-pipe » quasiment assuré ne fait jamais rêver!

Même dans le meilleur cas de figure, le maire de Caudebec-lès-Elbeuf, surtout connu dans la métropole rouennaise, ne pourra que placer que quelques uns de ses colistiers dans l’opposition! En nombre très limité. Et pourquoi pas la ministre du Travail, Elisabeth Borne, un temps pressentie pour conduire la « loco » En Marche, qui, hier lundi, a fait part de son intention de s’impliquer dans la campagne avec un second rôle possible. Mais elle a tellement changé d’avis depuis six mois…

On connaît désormais quelques uns de ses futurs colistiers du 1 er tour dans l’Eure derrière le chef de file et maire de Vernon, François Ouzilleau, protégé du ministre outremarin, Sébastien Lecornu. Au moins deux élus estampillés du mouvement présidentiel: les conseillers municipaux d’opposition d’Evreux, Guillaume Rouger et Isabelle Collin. Qui retrouveront donc pour le match retour, un an après, leur maire préféré, le LR Guy Lefrand, conseiller régional sortant resté fidèle à Hervé Morin, pour un nouveau duel électoral. À bonne distance toutefois à en croire cette enquête d’opinions sans réelle surprise. Cette pêche pas vraiment miraculeuse à première vue s’accompagne de candidats issus du monde rural dont le maire Modem, de la Freneuse-sur-Risle, placé en numéro trois, Patrice Bonvoisin et sa collègue Gwendoline Presles, édile de la commune de Bourneville-Sainte-Croix.

On retiendra aussi côté anecdotique et vintage le retour à la politique de l’ancienne adjointe de Jean-Louis Debré, Anita Mallet, qui, depuis 2014 et sa présence sur la liste en numéro deux de l’ancien député-Maire d’Evreux, Jean-Pierre Nicolas, défait par Guy Lefrand, avait disparu de la circulation. Elle a annoncé depuis plusieurs semaines son intention de rejoindre la liste UDI conduite par la sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet. Une avocate au service d’une cause qui, elle aussi, paraît perdue d’avance avec les faibles intentions de vote qu’on lui prête. L’espoir fait vivre. C’est toujours bien d’être désintéressée et d’avoir la foi!

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