Ambiance tendue autour de « collabos » et rappel à l’ordre sur fond de législatives partielles très instructives!

Ambiance tendue comme un arc. Avec des flèches empoisonnées décochées ici et là! Est-ce le retour provisoire du soleil, toujours est-il que la température politique est montée de plusieurs degrés ce dernier dimanche dédié à la fête des mamans. C’était fête aussi pour nombre de politiques. Plutôt à la droite de la droite de l’échiquier avec une volée de flèches venimeuses avec un arrière goût tragique de notre histoire. Le leader du Rassemblement national en région Paca, Thierry Mariani, donné favori pour la conquête de cette Région, n’a pas été des plus adroits en montrant du doigt une partie de L.R accusant plusieurs de ses dirigeants de « collabos ».

Le bison nationaliste, assez proche des grands « démocrates » du Moyen-Orient et de la Russie, ancien du RPR et de l’UMP, n’est pas le plus fûté lorsqu’il emploie cette expression qui rappellera néanmoins des souvenirs « émus » aux premiers supporters de Jean-Marie Le Pen et aux derniers pétainistes. Qui heureusement ne sont plus nombreux. Encore qu’une certaine relève semble perceptible! Notamment chez les jeunes.

C’est d’autant moins malin que des millions d’électeurs et d’électrices de LR se partagent entre fidèles et loyaux aux idées de leurs anciens dirigeants, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy (aucun compromis avec le parti de la famille Le Pen) et tous ceux et celles qui sont mûrs comme des coings pour faire allégeance à la « Marine nationale ». Et surtout à passer le rubicond en votant pour les candidats du RN aux élections territoriales. Ces électeurs, hélas trop nombreux, vont être heureux de voir leurs dirigeants, aimés ou détestés, se faire traiter de « collabos » de sinistre mémoire. Encore faut-il tout de même préciser que ce terme n’est employé que pour fustiger les affreux « Républicains » qui, entre « deux maux éventuels », préfèrent tout de même Macron à Le Pen!

Il y aurait grand besoin de renforcer la digue et ce n’est pas le numéro deux de L.R, certes venu de la droite extrême et très proche de retrouver son ancienne famille, Guillaume Peltier, qui risque de bétonner. Il bétonne surtout son avenir. Lamentable. Comme bien d’autres, il a annoncé fièrement que pour lui le front républicain n’a plus de sens et qu’il voterait blanc lors de la présidentielle en cas de finale Macron-Le Pen. Faut-il le croire ? Je crains l’hypothèse la plus négative, mais vu sa position, il ne peut tout de même pas aller trop loin. Et il sera suivi…par tellement de participants au vote. Il n’a pas été suivi par son chef, Christian Jacob, « le chef des collabos » ce dernier n’ayant que peu goûté la proposition du député de son parti de rétablir la Cour de Sûreté, une juridiction créée par le général de Gaulle et abandonnée par François Mitterrand en 1983, qui consiste pour Guillaume Peltier à placer en rétention des individus suspectés de mettre en danger la sécurité du pays. Rappel à l’ordre ferme du président de L.R à l’adresse de son jeune second sans le citer: « l’heure n’est pas aux prises de position personnelles mais bien de jouer collectif ». Un mot qui veut plus dire grand chose au sein de l’ancienne grande famille gaulliste. Satellisée. Pulvérisée. Quant au souvenir du Front républicain, il n’était pas si « vilain que ça » en 2015 lorsqu’il avait permis, après le désistement des socialistes, à Xavier Bertrand et Christian Estrosi (aperçu en terrasse à Nice en conversation amicale avec l’ancien premier ministre, Edouard Philippe, en tournée aussi à Cannes, pour la promotion de son livre) de l’emporter et d’empêcher la nièce et la tata Le Pen de s’emparer de ces deux Régions!

C’est toujours plus « palpable » que des sondages. Les quatre législatives partielles disputées hier dimanche ne sont pas inintéressantes, même si hélas la participation a été très basse entre 18 et 30 %. Une misère attendue.

Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il faut négliger les enseignements des chiffres de ce premier tour. On ne va tout de même pas plaindre les abstentionnistes qui hurleront aux loups!

Celle qui avait le plus à perdre dans ce contexte, la ministre déléguée à l’Autonomie, désormais LREM et non plus socialiste, a contredit les pronostics en virant largement en tête dans le Pas-de-Calais…l’un des départements des Hauts-de-France. Bien implantée dans sa « circo », Brigitte Bourguignon, avec ses 35 % de suffrages, n’a visiblement pas souffert de son étiquette gouvernementale. Elle jouera sa réélection, a priori très bien partie, contre son opposante du RN, largement distancée dimanche de dix points. A noter que dès 20h01 la candidate LR éliminée appelait à voter sans le moindre état d’âme pour la représentante du gouvernement. Va-t-elle être « excommuniée » par les Ciotti et autres Peltier et Morano? Un gage de bonne intelligence plus probablement avec des arrière-pensées régionales, où Xavier Bertrand aura besoin des voix macronistes pour se défaire plus facilement de Sébastien Chenu (RN). Et pourtant dans la circonscription de la ministre, il n’y a pas le moindre danger de victoire de la droite extrême surtout avec un record abyssal de pêcheurs à ces partielles.

La gauche reprend des couleurs dans la circonscription parisienne du XX e arrondissement, un fief certes imperdable, avec une finale entre une socialiste et une Insoumise. Troisième élection pas très loin de l’agglomération tourangelle, du côté de Loches, où la nouvelle candidate UDI-LR, soutenue également par la mouvement En marche, atteint les 45 %. Elle aussi apparait en très bonne posture face à la candidate PS, dans l’ancienne circonscription de Marisol Touraine, ministre de la Santé de François Hollande.

Il n’y aura pas plus de suspense à Beauvais, dans l’Oise, où après le grand-père Marcel, le petit-fils, Olivier (tragiquement disparu dans un accident d’hélicoptère en mars dernier du côté de Touques), la famille Dassault restera bien présente au sein de l’hémicycle à travers le neveu d’Olivier, Victor Habert-Dassault (LR) qui avait pourtant dépassé les 50 %, mais qui, en raison de la faible participation se trouve contraint à un second, sans la moindre pression face à une candidate « mariniste » n’ayant obtenu que 15 %. Les autres comme ailleurs sont éliminés du jeu. Pareille désillusion à quelques rares exceptions près attend sûrement les candidats et candidates aux Départementales. Il faudra être dans les deux premiers! La troisième marche du podium ne sera pas suffisante pour courir le 27 juin prochain!

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