Ambiance de règlement de comptes au Conseil départemental de l’Eure: Un « mauvais élève » puni d’un carton rouge !

Chaos ou pas ? Cette journée du 17 octobre ressemblera-t-elle à une funeste Toussaint avant l’heure ? Tant dans la matinée que dans l’après-midi, plusieurs centaines de mobilisations sont prévues ici et là dans les ronds-points et dans les grandes artères bouchées des villes. Et je ne parle même pas des répercussions que ces désordres violents vont entraîner. Avec de la casse un peu partout qui en plus a démarré très tôt dans la matinée. À Paris comme à Lyon et Marseille. Ville où un poste de police municipale a été dévasté et la mairie centrale saccagée ! Encore un samedi de foutu en terme économique et commercial. C’est sûr que cette chienlit dans les rues va bénéficier à la balance commerciale de notre pays. Déjà bien étranglée avec cette multiplication de désordres en tous genres auxquels se mêlent aujourd’hui les Gilets jaunes dont c’est le retour.

De façon certes plus pacifique, les poubelles n’ont pas volé et été incendiées, c’est un Conseil départemental de l’Eure qui a vécu néanmoins ce dernier vendredi une certaine ébullition à l’occasion d’une séance plénière au cours de laquelle il a été procédé à l’exclusion d’un…mauvais élève ayant dépassé depuis longtemps l’âge de la scolarité. Maître Legendre sur son fauteuil, non pas perché, de vice-président de la collectivité territoriale depuis 2015 et inamovible conseiller général comme on disait dans le temps, du canton du Neubourg depuis 1991 s’est trouvé privé par ses anciens amis politiques de son poste. Une éviction jugée « scandaleuse » par le sénateur Hervé Maurey, réélu dans un fauteuil à la Haute Assemblée il y a un mois et qui sur sa liste avait fait une place (en troisième position donc possiblement éligible) à cette figure du département rural. Non élu au Sénat, ce dernier a été victime en quelque sorte d’une double peine avec son carton rouge adressé par l’exécutif présidé par Alexandre Rassaërt, l’ancien maire de Gisors. Une décision qui ne faisait pas grand doute puisque dès le lendemain du scrutin sénatorial, le futur puni se trouvait convoqué en huis-clos et pas pour connaître de l’avancement. Le règlement de comptes semblait imminent et la sentence connue d’avance. Celui qui est également président (pour combien de temps ?) de l’Union des maires de l’Eure, avait alors passé un « sale quart d’heure » au cours duquel tous les portables avaient été confisqués sur décision présidentielle. Evidemment pas celle de l’Elysée ! On ne peut pas non plus l’accuser de tout.

C’est aussi vrai que sa position, son choix en faveur du sénateur centriste, Hervé Maurey et de sa colistière des « Républicains », Kristina Pluchet, donc contre ses amis de l’exécutif départemental en se présentant en opposition à la liste conduite par l’un de ses collègues vice-président, Frédéric Duché, alors maire des Andelys, ne pouvait pas être tolérée en terre toujours dominée par un…certain Premier ministre, nommé Sébastien Lecornu. Un « patron » pas vraiment prophète dans son diocèse de l »Eure au niveau du scrutin sénatorial et ce pour la seconde fois consécutive.

Le sénateur Maurey, dont les relations n’étaient déjà pas idylliques, un doux euphémisme, avec l’équipe de « Seb de Matignon » ne s’est pas gêné en soirée pour dire tout le mal de la « Macronie » qui « au lieu de tirer les conséquences de son échec aux sénatoriales et du désavoeu que les maires et élus, lui ont infligé, préfère ce vendredi recourir aux sanctions et l’exclusion, alors que les mêmes appelaient il y a quelques semaines au rassemblement face à la montée des extrêmes ». Ils ont prouvé leur incroyable sectarisme ». Et le sénateur de brandir d’ores et déjà des menaces liées à « cette séquence qui évidemment ne sera pas sans conséquences sur le prochain scrutin départemental prévus dans deux ans ».

Au bord des larmes dans la foulée actée de son éviction, Jean-Paul Legendre, qui a toujours fait preuve dans ses divers mandats d’une grande retenue, n’a pas souhaité se victimiser et rappelé combien son implication à ce scrutin national avait été motivé par sa seule ambition de défendre le milieu rural et non d’en faire un objectif de politique nationale. Son propos a d’ailleurs a reçu un écho amical de ses amis d’hier, dont ceux du président de l’exécutif. Qui néanmoins ne pouvaient difficilement pas ne pas réagir à ce qu’ils avaient considéré comme une trahison ! Ou tout simplement l’envie d’obtenir-enfin-une écharpe de parlementaire…couronnant une carrière privée aussi de son ambition d’être élu à la tête du Département. Ce qui lui fut refusé en son temps. Celui plutôt de Sébastien Lecornu avant qu’il ne prenne du galon national sur les pas d’un autre élu eurois, Bruno Le Maire !

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