Après la sidération quasi générale , sinon bien sûr celle de la meute des casseurs, le souffle très fort de la colère ! Même si la culture de l’émeute s’est installée durablement. Comme si déjà la journée de samedi n’avait pas été suffisamment historique, le chaos n’est que modérément retombé hier dimanche dans plusieurs quartiers de la capitale, avec cette fois-ci comme cible principale le quartier des Halles, livré « trop facilement » aux pilleurs et incendiaires ! Certes venues en bien moins grand nombre que la veille, les « bêtes sauvages » ont néanmoins reconduit l’insupportable opération portes ouvertes si bien commencée dans les magasins, tant à Paris que dans plusieurs autres villes sur le territoire soumises aux mêmes destructions massives dans les 3000 boutiques recensées pillées ! Avec des débordements jusqu’à tard dans nuit. Pour une nouvelle « régalade » facilitée par une réaction plus atone des forces de l’ordre, qui pourtant et compte tenu du nombre de « clients » en baisse auraient dû être maîtres du terrain plus aisément. Que nenni ! Est-il concevable que les riverains des magasins vandalisés se soient trouvés dans l’obligation de donner, à la nuit tombée hier dimanche, un coup de main aux pompiers, pire de les suppléer parfois, afin d’éteindre notamment des feux de poubelles paralysant la circulation dans nombre d’artères. Totalement bouchées. Ça frise le triple ou quadruple pontage ! Et que dire des interventions limitées des « bleus » dans les rues. Une situation qui ne peut guère encore s’éterniser bien longtemps, tant la colère est grande. Jusqu’à ce que certaines des victimes prennent les armes pour défendre leurs biens ? Et ce n’est pas l’allocution du chef de l’état qui est venue tempérer le climat ambiant. Beaucoup de « parlotte » mais au final un grand vide. Pour ramener un ordre lui ayant totalement échappé. Un aveu d’impuissance manifeste. Aucune décision de nature peut-être à calmer les esprits ! Si ce n’est encore la part belle faite à la « réunionnite ». À laquelle le Rassemblement national a répondu par la négative. Ses dirigeants ne souhaitent pas répondre en effet à l’invitation du président de la République qui les conviait à échanger avec le chef du gouvernement.
Même ci ce n’est pas la panacée, l’état d’urgence reste toujours parmi des hypothèses plus appropriées pour limiter la casse. Emmanuel Macron ne semble pas prêt d’y recourir ! Il est bien l’un des rares en France à ne pas voir la nécessité absolue d’une telle utilisation ! Hélas. Seule pour l’instant l’option de couvre-feux locaux et partiels a été prise par le locataire de Matignon. Il a également dit non à un départ de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nunes, qui lui avait présenté sa démission. Refusée. Ajouter de la crise à la crise n’aurait, il est vrai, rien apporté de plus. Et n’aurait eu aucun effet sur la suite des événements. Les voyous n’en ont que faire du maintien ou non du patron de Beauvau, une fonction qui plus est à très hauts risques et un CDD peu enviable pour son titulaire !
Même si l’on a pas trop parlé d’eux pendant tout le week-end, concurrencés par la chienlit générale, les Gilets jaunes entendent ne pas faire baisser la pression. Aussi leur coordination a-t-elle, ce lundi matin annoncé qu’elle donnait rendez-vous à ses « supporters » pour samedi prochain pour un acte II de leur mobilisation ? Ils auraient tort de se gêner vu les réponses apportées par l’exécutif et la poursuite d’un désordre fort bien organisé. On aimerait tellement que l’efficacité de nos gouvernements soit à la même hauteur !